Nicolas Sarkozy et le CFCM : Entretien avec Betoule Fekkar-Lambiotte
— Vous avez participé à la résistance à la colonisation et à l'islamisme, pourquoi avoir démissionné du CFCM ?
J'ai démissionné du CFCM en 2003 après trois ans de présence assidue. Je reprochais à cette instance non seulement le manque de débats, mais aussi la pauvreté de la représentation des différents courants de l'islam : pas de chiites, pas de kharidjites, pas de Druzes, etc.; pas d'intellectuels, pas de jeunes, et une seule femme censée représenter deux millions et demi de ses congénères.
— Quelle impression vous a faite Nicolas Sarkozy pendant les négociations précédant la création du CFCM ? Comprend-il les tensions qui peuvent exister au sein de l'islam de France ? A-t-il été trop vite ? Pouvait-on faire autrement ?
La hâte mise à vouloir régler la question (et non le problème) de l'islam en France a été rédhibitoire, et Nicolas Sarkozy aurait dû prendre le temps nécessaire pour mieux connaître les différents partenaires qu'il avait en face de lui et ne pas être victime des apparences, notamment des spectaculaires manifestations de force des islamistes.
— Quelle a été votre réaction en voyant que la Mosquée de Paris fait désormais front avec l'UOIF, notamment au procès contre Charlie Hebdo, peut-on y voir une conséquence du CFCM façon Nicolas Sarkozy ?
Je crois que l'évolution navrante du CFCM ne pouvait qu'aboutir à l'union de l'UOIF et de la Mosquée de Paris. Je ne crois pas pour ma part à la durée de cette coalition. Le recteur est fragilisé par son manque de charisme et de légitimité établie et reconnue par les musulmans : il était devenu inévitable qu'il se raccroche à l'élément apparemment fort, l'UOIF.
Propos recueillis par Caroline Fourest
mardi 24 avril 2007
Yoann Gillet interviewe Malek Boutih
Vidéo envoyée par woodyyoyo
Envoyer à un ami
- Lien permanent de cette news
Tag(s) associé(s) à ce billet :
Caroline Fourest
, CFCM
, Sarkozy
, UOIF

