Droit dans ses bottes dans le rôle de « Monsieur propre » contre les « racailles », Nicolas Sarkozy a fini par convaincre ceux qui confondent la question de l’immigration avec celle de la laïcité qu’il allait nettoyer ce monde des brutes intégristes… Les apparences sont trompeuses. Rarement un homme politique de premier plan aura autant menacé la laïcité française. Certes, il a expulsé l’imam Bouziane (qui autorisait à battre sa femme), il a mouché Tariq Ramadan sur un plateau de télé et il a tout fait pour protéger Robert Redeker. Mais sa lutte contre l’insécurité et le terrorisme a renforcé l’intégrisme et affaiblit la loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État.

Il a promu l’UOIF (Union des organisations islamiques de France, proche des Frères musulmans) et son prédicateur vedette Hani Ramadan comme représentants de l’islam de France. Apprécié des réseaux catholiques traditionalistes et des protestants évangélistes, Sarkozy ne cache pas sa détestation de la « laïcité de combat », ni vouloir reconnaître certaines sectes comme « mouvements spirituels ». Il envisage très sérieusement de modifier la loi de 1905 pour permettre le financement de nouveaux lieux de culte s’il était élu président de la République…

Caroline Fourest & Fiammetta Venner