Sarkozy et la presse : un livre sur Cécilia mis au pillon
Le 9 novembre 2005, la teneur de la conversation sera tout autre lorsqu’il somme Vincent Barbare, patron des éditions First, de le rejoindre dans son bureau pour une « discusssion musclée » autour d’un autre livre, Cécilia : entre le cœur et la raison, à paraître quelques jours plus tard. Rien de très scandaleux. Journaliste à Gala, Valérie Domain signe là une simple biographie plutôt tendre, mais à bâtons rompus. Depuis qu’elle s’est remise avec son mari, Cécilia regrette visiblement certaines confidences faites au cœur de la crise conjugale. « J’ai appelé Nicolas au secours », déclare-t-elle au Parisien. Connaissant le tempérament du ministre de l’intérieur, surtout durant cette période, on imagine qu’il n’a pas dû y aller par quatre chemins pour intimider ceux qu’il estime vouloir se faire du fric avec le nom Sarkozy. Quelle est la teneur exacte de la conversation ? Impossible de le savoir précisément.
Dans Libération du 18 novembre 2005, « l’entourage du patron de First » déclare que Sarkozy n’a brandi « aucune menace » mais ajoute : « Il n’était pas possible de se mettre à dos un présidentiable, de surcroît ministre de l’Intérieur. » Une chose est sûre, sitôt sorti de l’entretien, Vincent Barbare renvoit à l’entrepôt les 25 000 exemplaires déjà imprimés (ce qui coûte une petite fortune) et demande à Valérie Domain de lui remettre ses notes et ses enregistrements… pour vérification. Dépossédée, la journaliste sera contrainte de sortir son manuscrit chez un autre éditeur, Claude Durand, très choqué par cette censure. Problème, Claude Durand travaille pour Fayard, propriété d’Arnaud Lagardère. Y a-t-il une seconde série de pressions ? Fayard dément. Mais le livre a dû sortir sous la forme d’un roman à énigmes.
Caroline Fourest & Fiammetta Venner
jeudi 19 avril 2007
Florence Foresti en Cécilia Sarkozy
Vidéo envoyée par omar95
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