Le tempérament de Nicolas Sarkozy lui vaudra de rester dans les annales de la maison de la radio. Le 13 octobre 2004, alors qu’il s’apprête à être interviewé par Stéphane Paoli à partir de 8 heures, Nicolas Sarkozy entend le journal de 7 h 30 présenté par Bernadette Chamonaz. Le reportage sonore de l’un des journalistes, Benoît Collombat, le fait bondir. Il s’agit d’une interview de 50 secondes, dans laquelle Raymond Avrillier, le « tombeur de Carignon », déplore que l’ancien bras droit de Carignon, mis en examen pour emploi illégal, ait été recyclé et même promu par Nicolas Sarkozy au poste de préfet.

À l’extérieur du studio, le sang de Sarkozy, devenu entre-temps ministre des Finances, ne fait qu’un tour. Il se rue dans le studio en plein direct et se met à vociférer de façon incompréhensible, tellement il est énervé. Il semble s’étonne qu’on lui reproche de rester fidèle à ses amis, en l’occurrence Alain Carignon, qu’il n’a pas l’intention de « laisser crever dans le caniveau » ! La présentatrice du journal parvient tant bien que mal à l’expulser du studio. De mémoire de radio, on ne se souvient pas avoir assisté à pareille scène.

Caroline Fourest & Fiammetta Venner