Hervé Algalarrondo, chargé de suivre l’actualité politique pour Le Nouvel Observateur, en sait quelque chose. Fin août 2006, il couvre l’université d’été de l’UMP. Quelque temps auparavant, l’hebdomadaire a publié les bonnes feuilles du livre de Serge Raffy, La Guerre des trois (Fayard), dans lequel l’épisode Cécilia est minutieusement décortiqué. Le nom de sa maîtresse du Figaro, que tous les journalistes parisiens connaissent et qui a été rendu public par une dépêche AFP (à qui Sarkozy fait un procès), y figure. Mais Algalarrondo agace aussi Sarkozy depuis un papier où le journaliste note que l’invention de la « rupture » politique correspond au moment où Sarkozy vivait sa « rupture » sentimentale…

Le correspondant du Nouvel Observateur va croiser deux fois Sarkozy au cours des universités d’été, chaque fois « dans un état de rage absolu ». La première, il dîne à la table d’à côté, avec Estrosi, lorsque Nicolas Sarkozy lui lâche : « Ce que tu as écrit cette semaine est assez indigne, mais cela ne m’étonne pas de toi. » À quoi fait-il allusion ? Visiblement, à un article sur l’échec du référendum corse et sur le papier sur la « rupture ». Le lendemain, sous le chapiteau, rebelote. Cette fois, le journaliste dîne en compagnie de Perben lorsque Sarkozy vient saluer les jeunes de l’UMP, entouré de Cécilia et de Doc Gynéco. Son visage se glace en apercevant le correspondant du Nouvel Observateur. « Il m’a menacé du doigt en disant “je n’oublierai pas, je n’oublierai pas” ! Les gens autour de nous étaient sidérés par sa violence. Une collègue m’a même appelé quelques jours plus tard pour savoir s’il s’était excusé. » Cet épisode n’a pas empêché Algalarrondo de continuer à participer aux déjeuners organisés entre le ministre et l’équipe du Nouvel Obs place Beauvau, ce qu’il lui fait dire que, malgré ses défauts, Sarkozy peut rester ouvert : « Il est même moins sélectif que Ségolène Royal. » Mais il est aussi beaucoup plus colérique et rancunier.

Caroline Fourest & Fiammetta Venner