Mao Hengfeng a été condamnée, en décembre 2006, à deux ans et demi de prison pour avoir cassé deux lampes de table. Arrêtée le 30 juin 2006, elle avait été inculpée de « destruction volontaire du bien d'autrui Â».

Tout d'abord interpellée par la police en mai 2006, inculpée de « violation des conditions de résidence surveillée Â», placée en « détention douce Â» dans une pension du quartier de Yangpu, à Shanghai, elle avait été frappée par des policiers et contrainte de partager un espace réduit avec six hommes et femmes chargés de la surveiller.

Protestant contre ce traitement, Mao Hengfeng avait alors cassé deux lampes dans la pension. Son procès n'a duré qu'une demi-heure et le tribunal s'est contenté des seuls éléments présentés par la police. Les avocats de Mao Hengfeng ont indiqué qu'on les avait harcelés et menacés pendant l'enquête pour les empêcher d'effectuer leur travail. Mao Hengfeng a été détenue au secret durant plus de huit mois.

Grâce à l'intervention de son avocat, ses proches ont appris qu'elle avait subi des mauvais traitements. Ils n'ont cependant toujours pas été autorisés à lui rendre visite. Depuis 1988, Mao Hengfeng adresse des requêtes aux autorités concernant le planning familial et le logement. Arrêtée à de nombreuses reprises, elle a déclaré avoir été torturée. Condamnée à diverses peines de rééducation par le travail, elle a aussi été internée de force plusieurs fois pour subir un traitement psychiatrique (voir les Appels mondiaux d'avril 2005). Amnesty International estime que Mao Hengfeng est une prisonnière d'opinion et que les inculpations dont elle fait l'objet visent à la punir de ses requêtes persistantes. Il ne fait aucun doute que son procès a été inéquitable et sa peine disproportionnée.

Source : Amnesty International