La formule sur l’immigration choisie est bien moins révolutionnaire qu’il n’y paraît. La France a toujours choisi son immigration. En particulier dans les années 1960, quand les entreprises allaient chercher des ouvriers dans les montagnes du Maghreb en fonction de leurs besoins. Elle accueillait alors uniquement des célibataires. Cette politique s’est vite révélée assez inhumaine et contraire à l’intégration. D'ailleurs, les célibataires rapatriaient toutes leurs économies au bled… La France a donc décidé d’organiser le regroupement familial en 1974. Depuis les débuts de la crise économique, en revanche, elle a considérablement fermé ses frontières.

La politique de Nicolas Sarkozy consistant à faire passer pour du neuf ce qui fut la politique des années 1960 : réouvrir ses frontières en sélectionnant ses émigrés sur des critères purement économiques, tout en leur interdisant de s’installer avec leurs familles. Bref, on fait un tour et on recommence. C’est pas grave, le temps que les Français s’en aperçoivent, Nicolas Sarkozy aura été mis à la retraite par un jeune loup qui aura inventé un nouveau concept pour le faire passer pour un vieux con…

En attendant, ce qu'aucun politique n'ose dire ouvertement, c'est que la France a besoin de nouveaux migrants pour financer ses retraites. Voilà pourquoi, même Sarkozy a besoin de laisser ouvertes les frontières. S'ils se montre trop sélectif, le reste des Français devront travailler jusqu'à 75 ans pour financer les retraires. C'est pourquoi Nicolas Sarkozy insiste tant pour revaloriser le travail...

Caroline Fourest et Fiammetta Venner