A l'occasion de la commémoration du 13e anniversaire du génocide au Rwanda, Paul Kagame accuse les Français d'être "venus tuer" dans le cadre de l'opération militaro-humanitaire Turquoise lancée pendant les massacres : "Les Français (de l'opération Turquoise) n'étaient pas venus sauver les Rwandais, ils étaient venus les tuer".

En plein génocide, la France avait lancé au Rwanda une opération militaro-humanitaire, baptisée "Turquoise", très critiquée par le Front patriotique rwandais (FPR), la rébellion tutsie aujourd'hui au pouvoir dont Paul Kagame est le leader. Cette opération, sous mandat de l'ONU, avait duré deux mois, de fin juin à fin août 1994. Selon les Français, elle a permis de sauver de nombreuses vies alors que la communauté internationale restait passive. Pour le FPR, au contraire, elle a permis à de nombreux génocidaires hutus de fuir le pays vers le Zaïre voisin, actuellement République démocratique du Congo (RDC).

Le génocide, qui a commencé le 6 avril 1994 au soir et auquel le FPR a mis fin en juillet de la même année, a fait environ 800.000 morts, parmi la minorité tutsie et les Hutus modérés, selon l'ONU.

Les relations entre la France et le Rwanda sont extrêmement tendues depuis la fin du génocide. Elles se sont encore détériorées fin novembre 2006. Kigali a rompu ses relations diplomatiques avec la France depuis que le juge français Jean-Louis Bruguière réclame des poursuites contre M. Kagame et neuf de ses proches pour leur "participation présumée" dans l'attentat contre l'avion de l'ex-président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994. Cet assassinat ayant servi de prétexte-déclencheur aux massacres.