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Nankin - La mémoire et l'oubli (un film de Michaël Prazan)

Ce documentaire témoigne de l'ampleur du massacre de Nankin et de son horreur. En 1937, des actes de vengeance et des atrocités furent en effet commis dans la ville chinoise par les troupes japonaises. Un événement qui suscite encore des montées de nationalisme dans les deux pays. Mais un timide espoir de réconciliation et de reconnaissance commence à poindre.

Que s'est-il passé cet hiver 1937 à Nankin ? Un massacre sans nom. Après l'invasion de la Mandchourie, le Japon continue son expansion territoriale jusqu'à Shanghai.

Surpris par la résistance chinoise, les Japonais vont riposter avec une violence accrue. C'est alors la marche sur Nankin, ville stratégique sur le Yangzi Jiang et point de rencontre entre le nord et le sud de la Chine.

L'armée japonaise a pour ordre "le nettoyage de la ville de Nankin et de ses environs". Nettoyer signifie tuer, massacrer. Vingt mille femmes sont violées. Pendant le trajet, des officiers zélés parient sur le nombre de têtes qu'ils pourraient décapiter - "la décapitation, dans l'imaginaire martial du Japon, valorisant l'image du guerrier".

Nankin dispose alors d'une zone internationale où résident un grand nombre d'Occidentaux. Certains d'entre eux prennent part activement à la défense de la population chinoise, comme l'Américaine Minnie Vautrin, appelée Mlle Chine, missionnaire, recteur de l'université de jeunes filles de Jinling et chef du camp des réfugiés, l'Allemand John Rabe, pourtant membre du parti nazi et chef du comité de la zone de sécurité, ainsi que le prêtre américain John Magee, qui parvint à filmer - acte véritablement courageux - les abominations guerrières.

Ces images constitueront en effet un précieux témoignage lors du procès de Tokyo en 1946. Documents d'archives, interventions de survivants chinois et de soldats japonais rendent compte avec sincérité, tristesse ou profond malaise des horreurs de cet événement sanguinaire.

Aujourd'hui encore, à Nankin, les traces du massacre sont partout. Depuis 1985, un mémorial s'inspirant du musée Yad Vashem, à Jérusalem, lui est consacré. Pour les Chinois, le sentiment antijaponais est très fort. Tandis que sur l'Archipel le gouvernement reste ambigu et le révisionnisme très puissant.

Néanmoins, certains intellectuels n'hésitent pas à se rendre au mémorial, comme le Prix Nobel de littérature Kenzaburó Oé (à droite sur la photo ci-contre), qui déclara : "Les hommes et les femmes qui sont parvenus à surmonter une souffrance extrême atteindront-ils une humanité exceptionnelle ? Voilà une problématique de toute une vie qui interpelle ma littérature. Nous, les Japonais, nous devons assumer notre responsabilité, nous devrions réactiver la réflexion pour assumer notre responsabilité d'agresseurs..." Un espoir de reconnaissance à ne pas passer sous silence !

Françoise Jallot