PARIS (Reuters) - La démission d'Azouz Begag n'est pas liée à son soutien à François Bayrou, mais à la publication par le ministre délégué à la Promotion de l'égalité des chances d'un livre contre Nicolas Sarkozy, affirment ''Le Parisien'' de vendredi et ''Marianne'' à paraître samedi.

Cet ouvrage, intitulé "Un mouton noir dans la baignoire" et édité chez Fayard, doit paraître le 11 avril, précise ''Le Parisien''.

Dans son ouvrage, dont des extraits sont publiés par l'hebdomadaire Marianne, Azouz Begag, dont les désaccords avec Nicolas Sarkozy sont connus, accuse l'ex-ministre de l'Intérieur de l'avoir très violemment injurié et menacé.

"Tu es un connard ! Un déloyal, un salaud ! Je vais te casser la gueule (...), salaud ! Connard" (...) "J'en ai rien à foutre de tes explications ! Tu vas faire une dépêche à l'AFP pour t'excuser, sinon je te casse la gueule", aurait dit par téléphone Nicolas Sarkozy à Azouz Begag.

Ces injures, écrit le ministre d'origine algérienne, font suite à une rencontre qu'il a eue avec une association de Marseille et lors de laquelle il a déclaré : "je ne m'appelle pas Azouz Sarkozy".

La scène se passe à l'automne 2005, raconte Azouz Begag, alors que les banlieues s'enflamment en France après la mort de deux jeunes électrocutés dans un transformateur EDF à Clichy-sous-Bois, en banlieue nord de Paris et le terme de "racaille" employé par Nicolas Sarkozy à propos de certaines personnes habitant en banlieue.

"DEGAGE !"
Dans ce contexte, Azouz Begag a fait connaître son opposition à la "sémantique guerrière" de Nicolas Sarkozy. A partir de ce moment-là, écrit-il, "la descente aux enfers est engagée".
L'ex-ministre de la Promotion de l'égalité des chances raconte aussi les pressions dont Nicolas Sarkozy serait l'auteur auprès de certains journaux pour que le nom d'Azouz Begag ne soit plus cité dans leurs colonnes.
Azouz Begag, qui se dit "bourré" de Temesta, un tranquillisant, raconte aussi l'éloignement progressif de ses collègues ministres et le ton insultant employé à son encontre par le ministre délégué aux collectivités territoriales et proche de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux.
"Allez, fissa, sors de là ! Dégage d'ici, je te dis, dégage!" lui aurait lancé Brice Hortefeux le 11 octobre 2006 alors que les deux ministres délégués étaient assis sur les bancs de l'Assemblée nationale. "Il utilise un terme de l'époque coloniale", note Azouz Begag. "Il se croit encore dans l'Algérie de l'indigénat. Je fais le benêt. Je dis que je ne comprends pas le breton."
Fissa est un terme argot d'origine arabe, contraction de "fi sa'a", soit mot à mot, dans l'heure.
"Le livre a rendu furieux le duo Villepin-Chirac", écrit ''Le Parisien''.
"Il n'y a aucun commentaire à faire sur le livre (...)", a déclaré vendredi Xavier Bertrand, porte-parole de Nicolas Sarkozy. "Azouz Begag, à l'origine, c'est un romancier. Donc on peut certainement lui faire crédit que ça sera très romancé", a-t-il ajouté.
Dès l'annonce de la démission d'Azouz Begag jeudi après-midi par Matignon, il n'était plus possible de consulter la biographie de l'ex-ministre délégué sur le site en ligne du gouvernement.