Le 8 juin 2006, lors d'une conférence de presse, Nicolas Sarkozy présente son bilan au ministère de l'Intérieur. À partir des chiffres issus d'études de l'Observatoire national de la délinquance (OND), dirigé par Alain Bauer, et réalisées depuis 1998. Fièrement, le ministre explique que, lorsque Lionel Jospin était au pouvoir, la délinquance avait augmenté de 14 % et que sous son mandat elle a baissé de 19 %. En fait, les violences envers les biens (petite délinquance) ont légèrement diminué, et les violences envers les personnes (grande délinquance) continuent de progresser.

Taux d’élucidation en hausse
Le taux d'élucidation présente une nette amélioration, en passant de 26,3 % en 2002 à 31,8 % selon l'Insee.

Atteintes aux biens en baisse
Elles sont tombées de 2 646 881 à 2 544 890 (- 3,9 %). Le Canard enchaîné attribue la baisse de la délinquance à la forte baisse des vols de téléphones portables, responsables à eux seuls de 40 % des infractions.

Atteintes volontaires aux personnes en forte hausse
Les violences contre les personnes n’ont pas cessé d’augmenter : + 8,1 % en 2002, + 6,9 % en 2003, + 2,6 % en 2004, + 7,8 % en 2005, + 9,8 % en 2006.

Zones urbaines plus que jamais sensibles
Depuis 2004, un Observatoire national des zones urbaines sensibles (ZUS) analyse la situation des quartiers que Nicolas Sarkozy avait promis de pacifier. Les habitants des ZUS ressentent deux fois plus d’insécurité que les autres habitants. 3 % d’entre eux ont eu un cambriolage depuis 2003 ; 9 % ont été victimes de vol dans une voiture ; 11 % ont été agressés ; 22 % ont été témoins d’agression ou de violence (13 % au global).

Le bilan du ministre, dans ce domaine, est accablant. Ainsi, en deux ans :
− coups et blessures volontaires : + 4,7 % ;
− vols avec armes blanches dans les domiciles : + 14 % ;
− vols violents sans armes : + 6,7 % contre les femmes, + 12 % globalement ;
− incendies de biens publics : + 35 % ;
− incendies de biens privés : + 59 %.


Caroline Fourest & Fiammetta Venner