Nicolas Sarkozy ne supporte pas qu'on le quitte. Ceux qui ont eu le malheur de s'en éloigner après l'avoir admirer figurent aussitôt sur une sorte de liste noire. Parmi eux, Blaise Mistler, aujourd'hui chargé des relations avec le Parlement au cabinet du Premier ministre. Le clan Sarkozy lui voue une rancune tenace depuis 1993.

A l'époque, alors étudiant à Sciences Po, il met volontiers sa plume au service de Nicolas Sarkozy, pour qui il rédige du courrier. Mais, au bout de quelques semaines, il préfère partir, se sentant mal à l'aise au sein de cette « clique ». Le jeune homme pensait se mettre au service de la collectivité, il se trouve confronté à une ambiance nettement moins respectable. Mistler quitte l'entourage de Sarkozy. Il songe même un moment à mener une liste contre lui aux municipales suivantes, avant de renoncer pour terminer ses études.

L'entourage de Sarkozy, lui, va tout faire pour qu'il ne puisse pas faire carrière. Cinq ans plus tard, lorsque Blaise Mistler entre au cabinet de Christian Poncelet, au Sénat, ses anciens «amis» se rappellent à son bon souvenir. Nicolas Sarkozy, secrétaire général du RPR, appelle pour demander la tête de la jeune recrue. Poncelet refuse. Sarkozy tente alors de faire intervenir le président du RPR, Philippe Séguin, sans succès.

En 2002, Blaise Mistler poursuit sa carrière chez Hervé Gaymard, sur qui toute pression sarkozyste est perdue d'avance. Les mauvaises langues prétendent par exemple que Sarkozy aurait vu d'un bon oeil les fuites concernant son appartement... Son protecteur hors jeu, Mistler atterrit chez Raffarin, qui reçoit à son tour un coup de téléphone lui demandant de débarquer sa recrue dans l'heure. Tant d'opiniâtreté à poursuivre les éléments jugés insuffisamment dociles laisse songeur sur la rancune dont se montrera peut-être capable Nicolas Sarkozy s'il accédait aux plus hautes fonctions de l'Etat.

Caroline Fourest & Fiammetta Venner