S’il y a une chose qu’on ne peut pas lui enlever, c’est son sens des affaires. Toujours propriétaire d’un tiers de son cabinet qui cartonne grâce aux collectivités des Hauts-de-Seine, Sarkozy n’est ruiné ni par son ISF ni par son appart.

Galvanisé par tant d’ambition, Nicolas Sarkozy aurait pu faire très attention à ne pas pouvoir être accusé de favoritisme. Et pourtant, en février 2007, le Canard Enchaîné révèle que le couple Sarkozy a économisé 300 000 euros sur l’achat de leur appartement à Neuilly grâce au principal promoteur de Neuilly : le groupe Lasserre. Un duplex de 277 m² sur l’île de la Jatte, payé entre 12 et 35 % de moins que ses voisins. Sans compter les travaux dont Sarkozy ne règlera qu’une partie.

ISF
En moyenne, les français considèrent que la maison de leurs rêves vaut 200 000 euros, soit 100 000 de moins que la réduction consentie. Sarkozy promet d’aider les Français à accéder à la propriété mais peut-il leur garantir de tels tarifs ? On s’est aussi interrogé sur le montant de son impôt sur la fortune : 1 988 € en 2006. Il détient un tiers des parts d’un cabinet d’avocats qui vaudrait 1,2 millions d’euros. En 2002, suite à une expansion du cabinet, Sarkozy aurait touché 400 000 euros. Auteur de livres à succès de librairie, il aurait touché plusieurs centaines de milliers d’euros dès 2001. En prime, en 2006, il a vendu son appartement pour une valeur de 1 942 000 euros. Et pourtant ce n’est qu’en 2006 que Sarkozy paiera pour la première fois l’ISF. D’ou la question comment est-il possible qu’il n’ait été assujetti pour la première fois qu’en 2006 alors que le plafond est de 750 000 € ? La forme juridique de son cabinet lui permet de ne pas être taxé sur son capital ? Ses enfants lui permettent-ils de bénéficier d’un rabais ? A-t-il de grosses dettes ? A-t-il sous-estimé son patrimoine ? Rachida Dati avait promis un état exact de son patrimoine début février. Mais depuis, rien.

Vente à la découpe

En réalité, la plus belle affaire de Nicolas Sarkozy n’est pas là. Il faut la chercher du côté de son cabinet d’avocats Sarkozy-Arnaud dont la spécialité n’est autre que la « vente à la découpe ». Autrement dit, d’organiser les expropriations de locataires ou de propriétaires à la demande d’un client, souvent des collectivités locales des Hauts-de-Seine. Dans les deux cas, qu’il s’agisse du client ou de l’exproprié, on imagine que le papier à en-tête du cabinet — Sarkozy-Arnaud — fait impression. Rares sont ceux qui pinaillent, ce qui est toujours la partie délicate lors des ventes à la découpe, celle pour laquelle on embauche un cabinet d’avocats entre autres… Plusieurs collectivités du 92, fief de Nicolas Sarkozy, travaillent avec ce cabinet, comme Levallois et Puteaux. Cette dernière paye 20 000 euros par an depuis 1995. Malgré des performances irrégulières. La mairie de Puteaux — défendue par Sarkozy-Arnaud — a perdu contre la SARL Cannon Immobilière et n’a pu l’exproprier. Mais vous savez ce qu’on dit, une affaire de perdue, dix de retrouvées ! Dans son programme, Sarkozy promet un bel avenir aux cabinets spécialisés dans la vente à la découpe : « Chaque fois que c’est possible, la vente d’une partie significative du parc HLM sera mise en œuvre. » Cette méthode a déjà été utilisée. Au début elle est séduisante. Mais au bout de quelques années, les nouveaux propriétaires n’ont pas les moyens de rembourser leurs dettes, encore moins d’entretenir leurs biens et sont forcés de les céder au plus bas quelques années plus tard. Encore de belles affaires à venir pour les promoteurs immobiliers et leurs cabinets d’avocats.

Caroline Fourest, Fiammetta Venner


Les bonnes affaires de Nicolas Sarkozy
Vidéo envoyée par prochoix
Extraits vidéo concernant les bonnes affaires de Nicolas Sarkozy, tirés de "Enquête sur un présidentiable", diffusé sur Canal + par Lundi investigation le 31 mai 2005.

Du 4 avril au 6 mai plusieurs articles et vidéos sont disponibles sur le site de Prochoix pour éclairer la campagne.