La crise de la Communauté des Béatitudes est « Ã  la fois institutionnelle, identitaire et culturelle Â». Le « modérateur général Â», autrement dit le supérieur de la Communauté des Béatitudes en France et dans le monde, est, selon l'article de Golias, à l'origine de la « débandade Â» actuelle du groupe. Les nombreux témoignages recueillis par le journal montrent que la direction de la communauté est basée « sur la séduction et le chantage affectif Â».
En 2005, des dizaines de « soeurs Â» et de « frères Â», ainsi qu'une douzaine de familles, sont partis. Face à cette hémorragie, le supérieur général a entrepris de diaboliser ceux qui ne sont pas d'accord avec lui. Et ceux qui lui résistent, sont « systématiquement marginalisés et écartés Â». Un petit groupe de « clercs Â» contrôle la communauté, déconnecté de la réalité, aveuglé par sa dévotion au supérieur. Un responsable, « au bord de l'épuisement psychologique Â», déclare ainsi qu'il s'agit d'un « gouvernement de communauté totalitaire Â» et « malsain Â». Quant à la « formation Â» développée au sein de la Communauté des Béatitudes, il s'agit selon les mots d'un « berger Â» d'une « véritable arnaque intellectuelle et spirituelle Â». La dernière tendance en cours est l'utilisation de l'Ennéagramme, méthode « Ã©sotérique pseudo-scientifique Â» qui classe les profils des personnalités en neuf familles. Cette méthode sert ainsi « de critère Â» pour gérer les relations dans la communauté !
Le pouvoir des prêtres sur les laïcs s'est accentué. Ils occupent tous les postes-clés de la communauté. Les soeurs « consacrées Â» (laïques) se sentent de plus en plus isolées et cette situation a pour conséquence de les fragiliser psychologiquement à tel point que 80 % d'entre elles seraient « sous traitement anxyolitique et antidépresseurs Â». La réalité de la vie semble être absente. Un prêtre va même plus loin, parlant d'ignorance et d'obscurantisme.