Vendredi 15 décembre 2006, une vingtaine de membres et sympathisants du CRAN avaient décidé de se rendre au siège de France Télévisions pour interpeller la direction au sujet de Pascal Sevran et exiger son départ de la chaîne. A la sortie du RER, sans doute informés par les Renseignements Généraux, plusieurs policiers ont tenté d'arrêter Patrick Lozès, président du CRAN. Au mépris des principes constitutionnels qui garantissent les libertés publiques en France, ils ont essayé de l'empêcher d'aller plus avant, mais n'ayant rien à lui reprocher, ils ont dû se résoudre à le laisser passer.

Quand les membres du CRAN et les journalistes qui les accompagnaient sont arrivés devant les locaux de France Télévisions, 6 cars de CRS au moins les attendaient ; des agents interdisaient tout passage, transformant ainsi le service public en véritable bunker public. Sans se laisser impressionner par ce déploiement grotesque des forces de l'ordre, le bureau du CRAN a demandé à être reçu par la direction de France Télévisions. En l'absence de Patrick de Carolis, Sanvi Panou, vice-président du CRAN, Louis-Georges Tin, porte-parole, et Edouard Nduwa, secrétaire général, ont été reçus par Christian Vion, directeur général délégué, et par Sophie Benoît, directrice adjointe des programmes.

Les discussions ont été courtoises, mais Sanvi Panou a déploré les conditions d'accueil peu hospitalières -c'est le moins que l'on puisse dire. M. Vion a alors affirmé qu'il n'était pas informé de la présence de tous ces cars de CRS devant ses portes, ce qui paraît assez inquiétant pour un dirigeant chargé de l'information publique en France. Par la suite, Louis-Georges Tin a montré le caractère confus des explications données par la chaîne : selon M. de Carolis, en effet, les propos de Pascal Sevran sont tout à fait « condamnables Â», mais pas du tout sanctionnables. Enfin, Edouard Nduwa a insisté sur le caractère profondément odieux des propos du présentateur, que soutient apparemment sa direction, quoi qu'elle en dise. En effet, France Télévisions donne l'impression que les propos tenus ne sont pas assez graves pour mériter une véritable sanction.

Au-delà de la démission du présentateur, exigée par le CRAN, Louis-Georges Tin a rappelé que les propos racistes tenus ces temps derniers en France, et en particulier sur la sexualité des noirs (« polygames Â», éduquant mal leurs enfants, etc.), nécessitaient une réponse appropriée : des émissions intelligentes sur le sujet, actions pédagogiques dont le service public devait se montrer digne. M. Vion et Mme Benoît ont alors affirmé : « on s'engage à ce que la lutte contre le racisme soit plus qu'une sensibilité à France Télévisions Â». On ne saurait être plus vague. Autant dire qu'on ne s'engage en aucune façon.

Dans ces conditions, le CRAN a maintenu ses positions, a exigé d'être reçu par M. de Carolis pour un nouvel entretien, ce qui a été accepté. Le CRAN entend dont demander des explications à France Télévisions sur l'affaire Pascal Sevran, et sur les mesures que la chaîne entend prendre pour lutter contre le racisme sur les écrans du service public.

Contacts : Louis-Georges Tin lg.tin@lecran.org 06 19 45 45 52 www.lecran.org