PARIS (AP) - "L'argument de la féminité malmenée", ça suffit! Au lendemain des accusations de machisme proférées par Ségolène Royal à l'encontre de ses deux compétiteurs au PS, les strauss-kahniennes ont sorti les griffes pour la mettre en garde contre la tentation de mettre en avant son statut de femme pour se victimiser. Lundi soir, lors d'un meeting à Paris, la candidate socialiste avait accusé Dominique Strauss-Kahn d'avoir tenu ce propos machiste au terme du dernier débat télévisé du PS: "elle aurait mieux fait de rester chez elle au lieu de lire ses fiches-cuisine".

Des propos "mensongers", selon la strauss-kahnienne Catherine Trautmann. "Depuis le début de la campagne, l'argument du machisme de ses compétiteurs est un refrain lancinant qui vise à contrecarrer tout argument adverse et à justifier toute lacune de sa part", s'est agacée l'ancienne ministre de la Culture. "DSK n'a pas construit sa campagne sur la faiblesse de Ségolène Royal en tant que femme, mais sur la différence de leurs propositions politiques", a-t-elle tancé. "Ségolène Royal a attaqué scandaleusement Dominique Strauss-Kahn en lui attribuant des propos misogynes qu'il n'a jamais tenus", a renchéri Catherine Tasca, également ancienne ministre de la Culture. "Ce n'est pas rendre service à la cause des femmes, à laquelle je suis profondément attachée, que d'utiliser constamment l'argument de la féminité malmenée et s'enfermer dans une plainte factice, au lieu d'affronter sereinement le débat politique", a-t-elle sermonné. AP Egalement mis en cause, Laurent Fabius a démenti mardi soir les accusations de Ségolène Royal. La candidate l'accuse d'avoir déclaré à son sujet lorsqu'elle s'est lancée dans la campagne pour la primaire: "qui va garder les enfants?"

"La phrase qu'elle a citée, je l'ai démentie dix fois, ça n'a aucun sens", s'est justifié Laurent Fabius sur France-2. "Ceux qui me connaissent, savent que je ne suis pas machiste bien au contraire", a poursuivi le député PS de Seine-Maritime. "On peut avoir des désaccords politiques (...) Il faut les traiter bien sûr, mais ne pas se victimiser soit même". Et Laurent Fabius de rappeler qu'au congrès de Dijon du Parti socialiste en mai 2003, il était le premier à dire "je veux une loi contre les signes religieux à l'école, parce que le foulard, le voile c'est une atteinte au droit des femmes". "Les dirigeants du Parti socialiste à l'époque étaient d'un avis différent. Mais grâce aux militants j'ai emporté la conviction. Donc quand on parle de machisme attention", a conclu Laurent Fabius.

Source : Associated Press (mardi 14 novembre 2006, 23h31)