Ali Ertem, le leader turc de l'Association allemande de lutte contre les génocides se prononce clairement en faveur du vote d'une loi pénalisant la négation du génocide arménien : "le Parlement français avec son projet de loi vise à protéger le peuple arménien victime de génocide : ça n'a aucun rapport avec la limitation de la "liberté de penser".

Communiqué :

A l'opinion publique démocratique, et à ceux qui en Turquie sont respectueux des droits de l'homme

La possibilité de se défendre est le fondement principal des droits de l'homme pour les peuples qui subissent injustement un génocide, qui sont en butte à des menaces et insultes, des agressions physiques, des calomnies et des moqueries.

La loi en France pour le peuple arménien est une démarche juste et pertinente et doit être soutenue, même si c'est une mesure tardive.

Dès que les peuples ayant subi un génocide trouvent un écho favorable en cherchant à faire reconnaître leurs droits et obtenir justice, les autorités de la République turque se mettent à paniquer, particulièrement lorsqu'il s'agit des des Arméniens, des Assyriens ou des Grecs. Ces responsables deviennent hystériques.

Ce qui est clair, c'est qu'aussi longtemps que la République turque ne mettra pas fin à la négation du génocide commis contre les hommes dans son histoire, elle ne sera pas guérie de cette maladie qui s'aggrave de plus en plus.

Sous les ordres du Bureau Spécial de guerre, cette fois-ci c'est Ayse Eski qui prend la tête d'un deuxième "débarquement de Talaat Pacha". Ceci met en lumière le négationnisme de la République Turque et le raisonnement de sa tête malade.

En mai, la réaction des autorités de la République turque a été particulièrement hystérique à l'encontre de l'initiative du parlement français voulant inclure le peuple arménien dans la loi défendant les peuples ayant subi un génocide.

Les menaces et les chantages ont été innombrables. La Turquie avait presque décrété une mobilisation "civile", pour la négation d'un passé génocidaire : en France, des pages entières de journaux à grand tirage avaient été achetées en dépensant des sommes considérables.

Les autorités de la République turque essaye d'interdire la liberté de penser dans les limites de leurs moyens :

elles sont tombées dans une situation tragi-comique en décrétant que l'initiative visant à défendre les victimes de génocide, contre les calomnies racistes et les agressions physiques "'était un anéantissement de la liberté de penser".

A la fin, la décision du parlement français de remettre le projet de loi à une date ultérieure avait été présentée et annoncée comme "une grande victoire" de la Turquie.

Moins de trois mois après, la Turquie se trouvait ébranlée par le rapport sur la Turquie du Parlement européen : avec la même hystérie et les mêmes méthodes, les autorités turques ont réussi à faire retirer la reconnaissance du génocide arménien comme condition d'adhésion à l'Union européenne.

"Une nouvelle victoire" à été remportée. La joie de cette terrible "réussite" n'était pas consommée que le Parlement français a remis à l'ordre du jour, la loi de mai 2006 (12/10/2006). En Hollande et en Belgique les négationnistes d'origine turque ont été exclus des listes électorales.

C'est un autre front de cette guerre interminable. Maintenant les autorités turques, menacent la France (en réalité c'est le peuple arménien qui est menacé) en ces termes : "la population peut échapper au contrôle". Elles accusent le ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas de " légèreté" parce qu'il a refusé d'accepter dans son administration des négationnistes.

Ce genre de réactions ne peut pas provenir de quelqu'un de sérieux ayant une expérience de l'administration de l'Etat, ni d'un intellectuel qui s'inquiète de l'avenir de son peuple et de son pays.

Peu importe quelle est sa place dans la société, un homme de bon sens devrait savoir que le Parlement français avec son projet de loi, vise à protéger le peuple arménien victime de génocide, et que ça n'a aucun rapport avec la limitation de la "liberté de penser".

Entre les Nazis qui disent "Auschwitz est une invention juive, c'est un mensonge" et les Ittihatistes qui disent "Soi-disant génocide arménien", il n'y a aucune différence qualitative. La négation d'un génocide, c'est la continuité du génocide.

Empêcher les Néonazis et les Neo-ittihatistes d'insulter, calomnier, faire des menaces, du chantage et des agressions physiques, ce n'est pas "empêcher la liberté de penser".

En défendant résolument la liberté de penser, nous invitons les intellectuels à éviter ce piège, et à ne pas soutenir l'amalgame de la République Turque.

Tant que cette mentalité fascisante ittihatiste, niant son passé génocidaire ne changera pas, ni la question kurde, ni l'annexion de Chypre, ni les généraux soi-disant laïcs, adeptes du Coup d'Etat et de leurs habitudes de brigandage, ne peuvent disparaître.

Si la République turque veut vivre en paix avec la famille de l'humanité, elle doit reconnaître le génocide et demander pardon aux peuples Arménien, Assyrien et Grec, et elle doit cesser les interventions génocidaires contre la vie des peuples qui ne sont pas d'origine turque en commencent par les Kurdes.

Conseil d'administration de l'Association des Opposants au Génocide.

SKD

"Solidarische Grüsse aus Frankfurt"

Ali Ertem - Franckfort