Le président du Front national Jean-Marie Le Pen a qualifié mercredi de "loi totalitaire imposant une histoire officielle" la proposition de loi socialiste réprimant la négation du génocide arménien de 1915. Le président Jacques Chirac "avait dit que ce n'est pas à la loi de faire l'Histoire, en accord avec le bon sens et avec les historiens, quelles que soient leurs opinions publiques", a indiqué M. Le Pen dans un communiqué.

"On croyait donc que c'en était fini des lois totalitaires imposant une histoire officielle. Les socialistes, avec la complicité de parlementaires de la majorité, veulent néanmoins faire voter une loi Gayssot-bis", a-t-il ajouté en faisant référence à la loi du 13 juillet 1990 "tendant à réprimer tout acte raciste, antisémite ou xénophobe".

En outre, selon le candidat FN à la présidentielle, le député UMP Patrick Devedjian ajoute "le scandale au scandale, avec un amendement selon lequel l'interdiction de la contestation ne s'appliquerait pas aux recherches universitaires ou scientifiques".

"Il y aurait ainsi deux catégories de citoyens. Le professeur qui peut dire ce qu'il veut, et Glandu qui serait traîné en justice s'il répète ce qu'a dit le professeur", a dénoncé Jean-Marie Le Pen.

Les députés examineront jeudi la proposition de loi du PS qui vise à compléter celle de 2001 qualifiant de génocide les massacres d'Arméniens de 1915. Le texte socialiste fait de la négation du génocide un délit punissable d'un an d'emprisonnement et de 45.000 euros d'amende.