Voici la dépêche de Tete de Turc qui se définit comme le "site des amis de la Turquie"

(Tête de Turc, 11.10.06) - Daniel Cohn-Bendit, co-président du groupe des Verts au Parlement européen, a appelé mercredi les députés français à retirer le projet de loi socialiste visant à pénaliser toute contestation publique de la thèse arménienne de "génocide".

Selon l'eurodéputé, ce texte "infligerait un revers important" aux efforts de la Turquie et de l'UE pour promouvoir la démocratie.

"Nous appelons les députés français à utiliser leur sens de la raison et à retirer ce projet de loi" liberticide, a-t-il déclaré dans un communiqué.

"Si vous voulez vraiment encourager la Turquie à s'engager dans un débat significatif sur sa propre histoire, alors oubliez ce projet de loi", a-t-il continué dans une lettre ouverte adressée aux parlementaires français, signée par deux autres eurodéputés Verts.

"Cela serait une erreur de calcul politique qui va seulement saper les efforts de ceux qui, en Turquie, veulent promouvoir la démocratie", ont estimé les députés Verts.

"Si vous soutenez le texte, vous nous enlèverez tous les arguments dans notre combat contre les articles du code pénal turc qui empêche la liberté d'expresion", ont-ils ajouté, soulignant que l'éventuelle loi française "empêche la liberté d'expression de la même manière que l'article 301" du code pénal turc.

Le commissaire européen à l'Elargissement, Olli Rehn, a réclamé à plusieurs reprises la suppression ou la modification de cet article qui a servi de bases à des poursuites contre quelque 70 intellectuels, dont les romanciers Orhan Pamuk et Elif Shafak.

Il a également dénoncé lundi le projet de loi socialiste "contre-productif" visant à instaurer une censure en France autour de la question arménienne, qui pourrait selon lui entraîner de "graves" conséquences pour les relations UE-Turquie.

Les députés français examinent jeudi une proposition de loi très controversée rendant passible de prison la contestation publique de la thèse arménienne de "génocide", un texte qui divise et embarrasse tous les groupes politiques après avoir suscité la colère d'Ankara.