Jack Straw a beaucoup condamné l'intransigeance de la laïcité française, la publication des caricatures, le refus du voile à l'école.

Une intransigeance qui lui a valu la sympathie des plus intégristes de ses concitoyens de confession musulmane. Jusqu'au jour ou une femme ayant un niqab (un voile qui couvre tout sauf les yeux) lui a déclaré : "c'est un plaisir de vous rencontrer face à face, Mr Straw". Un moment révélateur pour le ministre.

Dans une lettre ouverte, reprise dans le Daily Telegraph, il explique avoir été interpellé : "Ce n'était pas la première fois que j'avais une conversation avec quelqu'un qui était couvert par un voile intégral, mais cette rencontre en particulier, malgré la politesse et le respect de part et d'autre, cela m'a fait réfléchir".
"D'une part à cause de l'apparente incongruité entre les signaux qui indiquaient un lien commun - l'accent complètement anglais, l'éducation du couple (entièrement au Royaume-Uni) - et le voile", "Par dessus tout, c'est parce que je me sentais gêné de parler face à face avec quelqu'un que je ne pouvais voir"
Le Royaume-Uni, a-t-il poursuivi, "est un pays de libertés. Je défends le droit de toute femme à porter un foulard sur la tête. Mais je pense cependant que les conversations seraient facilitées si le visage n'était pas dissimulé par un voile". Et de demander aux femmes musulmanes désireuses de s'entretenir avec lui de l'ôter.

Vendredi, sur la BBC, il s'est inquiété du "développement de communautés parallèles" et s'est dit déterminé à "mettre ce problème sur la table d'une façon calme et mesurée", en vue d'"un débat réfléchi". "Avec toutes les précautions qui s'imposent, je préférerais" que les musulmanes ne portent pas le voile du tout, a-t-il indiqué. "J'ai été frappé en discutant avec les femmes concernées par le fait qu'elles n'avaient pas, je pense, complètement conscience des conséquences quant aux relations communautaires", a-t-il précisé.

La Commission pour les droits de l'Homme musulman, l'association de Massoud Shaterjee a déclaré que le ministre était "sélectivement discriminant". Le Conseil des Mosquées du Lancashire a estimé cette déclaration "très insensible et imprudente".