Malgré quelques progrès, violences et discriminations policières persistent à l'encontre des homosexuels.

Le mépris pour les personnes perçues comme " différentes " de " nous " ou s'écartant de " la norme " imprègne depuis longtemps les attitudes et les pratiques des agents du maintien de l'ordre sur le territoire des États-Unis. Comme beaucoup d'autres pays, celui-ci a longtemps criminalisé l'homosexualité sans jamais protéger les populations lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) contre les violences et les discriminations. Ni la Constitution des États-Unis ni la législation fédérale ne comportent de dispositions explicites protégeant les LGBT. Bien que depuis une trentaine d'années, les militants aient obtenu quelques avancées notables pour mieux faire reconnaître leurs droits et dénoncer les brutalités policières, il persiste de graves atteintes aux droits humains imputables aux agents de la force publique. Ces violences et l'usage d'une force excessive au cours des arrestations, assimilables à des mauvais traitements ou à des actes de torture, vont des injures et menaces à caractère sexuel au passage à tabac et au viol. Un climat d'hostilité renforcé par un sentiment d'impunité puisque les policiers sont très peu poursuivis, à titre individuel.

Les traitements cruels, inhumains et dégradants à l'encontre des LGBT surviennent la plupart du temps au cours des gardes à vue, dans les cellules de la police de quartier, tant de la part des policiers que des codétenus. Les agents ne prennent pas toujours les mesures appropriées pour garantir leur sécurité. Ils contribuent même parfois à ce climat délétère vis-à-vis des LGBT en les injuriant, en révélant leur identité sexuelle aux autres détenus ou en pratiquant des fouilles dégradantes en présence des autres, qui ne sont parfois ni plus ni moins que des sévices sexuels et des atteintes manifestes au droit à l'intimité et à la dignité.

Homophobie et racisme

L'âge, la situation socio-économique et le statut au regard de l'immigration entrent en jeu dans les violences perpétrées par les policiers à l'encontre des LGBT. Le problème de la brutalité policière ne peut donc être réglé sans traiter aussi leur marginalisation sociale, économique et culturelle. Certaines analyses montrent que leur revenu moyen est inférieur à celui de l'ensemble de la population. Dans certaines villes, près de 40 % des jeunes sans-abri sont gays, lesbiennes, bisexuels ou transgenres et près de la moitié des jeunes gays et bisexuels chassés de chez eux à cause de leurs préférences sexuelles s'engagent dans la prostitution pour gagner leur vie.

Au sein de la population LGBT, les transgenres, les membres de minorités ethniques, les jeunes, les sans-abri et les travailleurs du sexe sont les plus exposés aux violences. L'origine ethnique et sociale, mais aussi l'écart entre l'apparence de la victime et les stéréotypes liés au genre, accroissent la probabilité de manquement de la police à ses obligations. Lors d'une étude réalisée en 2001 à Los Angeles auprès de 244 femmes transgenres, 37 % des personnes interrogées ont indiqué qu'elles avaient été agressées verbalement au moins une fois par un policier. Le Centre Ella Baker et le programme TransAction de San Francisco ont constaté que les affaires les plus graves de faute commise par un policier dans l'exercice de ses fonctions avaient pour cibles des femmes transgenres immigrées.

Lorsqu'ils ne sont pas les auteurs directs de crimes violents, les agents de la force publique en portent la responsabilité. Dans de nombreuses régions des États-Unis, les autorités ne s'acquittent pas de leur obligation d'agir pour empêcher ou enquêter sur les crimes dont sont victimes les LGBT. Les policiers les considèrent responsables, d'une manière ou d'une autre, de leur agression et sont plus enclins à les arrêter plutôt que les auteurs présumés des infractions.

Les LGBT doivent de plus faire face à des procédures décourageantes et complexes et à des pressions pour les obliger à retirer leurs plaintes. Ainsi, ces personnes se voient refuser l'égalité d'accès à la justice. L'impuissance des autorités à régler, au sein des forces de police, les problèmes de préjugés envers les LGBT, crée les conditions propices à la prolifération des violences contre cette communauté. Les personnes qui s'attaquent aux LGBT aux États-Unis peuvent raisonnablement penser ne pas être poursuivies pour leurs actes.