Le 28 juin, la chambre des représentants du Michigan a adopté trois projets de loi autorisant la non mixité au sein des écoles publiques, des classes et des programmes. La semaine dernière, une législation similaire a été votée au Sénat du Michigan. D'après le Bay City Times, la gouverneure du Michigan, Jennifer Granholm, a déclaré qu'elle approuverait la décision de créer des écoles publiques pratiquant la ségrégation sexuelle, du moment que la circonscription garantissait qu'il n'y ait pas de discrimination. Les projets de loi, qui sont des amendements au Code scolaire du Michigan et à la loi des droits civiques, ne comprennent aucune mesure assurant que les filles et les garçons recevront les mêmes opportunités. Mary Pollock, vice-Présidente de l'Organisation nationale du Michigan pour les femmes (Michigan National Organization for Women), a annoncé que ces projets de loi autoriseront « une éducation pratiquant la ségrégation sexuelle publiquement financée dépourvue de toute protection empêchant la discrimination sexuelle, qui est inconstitutionnelle et illégale. »

Feminist majority, avec l'Organisation nationale pour les femmes, l'Union américaine des libertés civiles et l'Association américaine des femmes d'université se sont opposées à l'affaiblissement des lois de droit civique du Michigan permettant la ségrégation sexuelle au sein de l'éducation publique. De telles évolutions nous ramènent à l'époque de la ségrégation dans les salles de classe où « séparés mais égaux » n'a jamais été en accord avec la réalité.

Au niveau national, le ministère de l'Education du Président Bush a proposé, en 2004, des modifications à la réglementation de l'article IX afin de faciliter sensiblement aux écoles et départements scolaires l'usage de ségrégation sexuelle. La réglementation actuelle de l'article IX établit déjà des exceptions autorisant les écoles et les classes non mixtes, si elles sont conformes au but de l'article IX qui est d'en finir avec la discrimination sexuelle. Presque 4500 des 5000 commentaires publiques se sont opposés à cette proposition de modification de l'article IX, qui utilisait cet article non pas pour réduire les discriminations sexuelles mais plutôt pour amplifier la ségrégation sexuelle.

La législation du Michigan ne prévoit pas de protection, comme une procédure d'examen, permettant de déterminer si chaque expérience d'éducation non mixte est justifiée. De plus, aucune étude ne sera menée afin de déterminer si l'absence de mixité amplifie la discrimination sexuelle, violant ainsi l'article IX et la clause d'égale protection du 14ème amendement.