Obligée de vivre entourée de gardes du corps depuis qu'elle a écrit le scénario du court-métrage Soumission réalisé par Théo Van Gogh, menacée de mort, traitée d'"islamophobe" par la gauche hollandaise à cause de son combat contre l'islamisme, l'excision et les mariages forcés, Ayaan Hirsi Ali va peut-être en prime perdre la nationalité hollandaise à cause des lois xénophobes votées par son propre parti (dont elle vient de démissionner) pour durcir le contrôle de l'immigration.

Elle a toujours assumé qu'elle avait dû mentir pour pouvoir obtenir un statut de réfugié politique lorsqu'elle a débarqué en hollande pour fuir un mariage forcé, après une jeunesse passée dans à apprendre le Coran, à porter le voile, à respecter les traditions, au nom desquelles elle a été excisée. Elle a menti sur son nom et sur le fait qu'elle ne venait pas directement de Somalie (sa famille est passée par l'Arabie Saoudite et le Kenya) pour pouvoir avoir le droit de vivre libre en Hollande. Où est le crime ?

Un documentaire particulièrement rocambolesque l'accuse d'avoir menti au sujet de ce mariage forcé et en veut pour preuve... le témoignage ? masqué ? de son mari (celui qu'elle a fui). Et celui de membres de sa famille, notamment une tante prétendant qu'elle était très heureuse mais qui témoigne voilée, de dos et dans le noir. Sommée de se justifier par le journaliste, Ayaan Hirsi Ali, qui n'en croit pas ses yeux, a dû lui rappeler que sa famille mentait pour sauver l'honneur et donner une image d'elle "libérale" ! Mais l'image a quand même fait son effet et ce documentaire, scandaleux, est passé sur la principale chaîne hollandaise.

Les "idiots utiles" de l'islamisme se frottent déjà les mains. Après avoir été vilipendée comme "islamophobe" pour avoir eu le courage de dénoncer, au prix de sa sécurité, les horreurs commises au nom de l'islam, la voilà clouée au pilori comme "usurpatrice".

Toute cette campagne est écoeurante et symptômatique. Ayaan, que j'ai l'honneur de connaître, est apparue brisée à une conférence de presse en Hollande. On le serait à moins. Elle va sans doute partir vivre aux Etats-Unis, où un think tank conservateur lui offre l'asile et où le gouvernement américain lui garantie sa protection. Une décision qu'elle a prise en apprenant qu'elle ne pourrait plus vivre dans sa maison, ni en sécurité, puisque ses voisins ont porté plainte et obtenu gain de cause pour l'obliger à déménager (son service de sdécurité, selon eux, nuisait à l'image du quartier !).

A qui la faute si l'Europe perd la plus courageuse de ses citoyennes ? A la gauche anti-laïque et à la droite populiste raciste. Ensemble pour confondre la question de l'immigration et celle de l'intégrisme. Au point d'aboutir à cette situation proprement scandaleuse. A l'origine, Ayaan est une femme progressiste et une européenne convaincue. Le fait qu'elle risque de perdre sa nationalité hollandaise est le pire signe qui soit. Nous vivons dans une Europe l'on vote des lois xénophobes ferment la porte aux immigrants fuyant le patriarcat, l'archaïsme et l'islamisme parce qu'ils ont menti pour survivre. Alors que les islamistes obtiennent sans difficulté le statut de réfugiés politiques. Outre-manche, certains ambassadeurs de l'islam radical et rétrograde, rôdés au mensonge par stratégie, sont même nommés conseillers par pour lutter contre l"extrémisme islamique". A chacun son modèle...

Pauvre Europe. Le racisme et l'intégrisme y ont décidemment un bel avenir.