L'ILGA-Europe, une association européenne qui oeuvre en faveur de l'égalité des homosexuels, bisexuels et transsexuels, a postulé pour obtenir le statut consultatif auprès de l'ECOSOC de l'ONU. Sa demande a été rejetée après de vifs débats à cause de l'obstruction de la délégation iranienne.

La déléguée de l'Iran s'est dite insatisfaite des réponses apportées par cette ONG et a demandé de rejeter immédiatement la candidature d'ILGA-Europe. Soutenu par le délégué de la France qui a estimé qu'un tel rejet romprait avec le règlement, le délégué allemand a demandé que, conformément à l'article 50 du règlement intérieur de l'ECOSOC, l'étude de ce dossier soit reportée à la prochaine session du Comité. À l'inverse, le délégué soudanais, tout comme le Sénégal, a appuyé la déléguée iranienne et a donc demandé de statuer immédiatement sur cette candidature. À l'issue d'un vote* par 11 voix contre, 7 voix pour, et une abstention, le report demandé par l'Allemagne et la France a été rejeté.

Refusant que le rejet du dossier se fasse sans vote, le délégué français a alors demandé un scrutin sur la candidature d'ILGA-Europe. Soutenu par la Colombie, la Roumanie et l'Allemagne, il a estimé que, conformément à la résolution 9631 de l'ECOSOC, une ONG doit avoir la possibilité de répondre à toute question. Il a également affirmé qu'hier, le Comité a violé la règle 15 de la résolution 9631 en rejetant le dossier de la Fédération des homosexuels et lesbiennes d'Allemagne après une remarque de la déléguée iranienne sans donner la possibilité à l'ONG de répondre. Le délégué allemand a déploré que ce type de difficultés se produise systématiquement au sujet d'ONG de défense des droits des homosexuels. « Les homosexuels font partie de la société civile et le Comité doit en tenir compte Â» a-t-il conclu.

À l'issue d'un vote par 9 voix contre, 7 voix pour et deux abstentions, la candidature d'ILGA-Europe au statut consultatif auprès de l'ECOSOC a été rejetée. A l'issue du vote, la déléguée du Pérou a estimé que les procédures n'ont pas été respectées et s'est dite « préoccupée de constater que la discrimination et la non-tolérance se sont insinuées dans le Comité ». Le délégué de la Roumanie a affirmé que « si le Comité voulait jouer le jeu de la discrimination », sa délégation ne voulait pas y être impliquée.