Dans la nuit de dimanche à lundi, les participants à une fête gay et lesbienne ont été assiégés à l'intérieur d'un club de Moscou par des militants d'extrême droite et des orthodoxes.

Une cinquantaine de personnes, dont près d'une trentaine d'adolescents aux cheveux ras scandant des slogans homophobes et des babouchkas (grand-mères) en fichu portant des icônes, bloquaient toujours l'entrée du club De la Guarda, dans le sud de la capitale, une heure après minuit.

Selon un des responsables de la manifestation, Igor Artioumov, qui dirige l'organisation ultra-nationaliste Union de tous les Russes, au moins 134 personnes étaient présentes plus tôt dans la soirée. Un porte-parole de la police sur place a assuré de son côté que le nombre de manifestants n'avait pas dépassé la centaine.

"Comme les pédés organisent un festival jusqu'au neuf mai, nous organiserons ce genre d'action à chaque fois qu'ils auront leurs orgies", a déclaré M. Artioumov à l'AFP. "Nous protestons pacifiquement contre ce péché qui ne doit pas proliférer, contre leurs orgies, contre ces sodomites qui rampent comme des cafards", a-t-il dit.

La trentaine de policiers dépêchés sur place avec deux autobus pour permettre l'évacuation des personnes à l'intérieur du club n'ont pas cherché à disperser les manifestants.

Un des organisateurs de la fête gay et lesbienne, Alexeï Golooussenko, contacté par l'AFP, a indiqué qu'il était bloqué à l'intérieur du club avec quelque 150 personnes depuis 21H30 dimanche (18H00 GMT).

Selon Alexeï Golooussenko, près de 250 skinheads se sont rassemblés devant l'entrée de la boîte de nuit peu après le début de la fête. Plusieurs d'entre eux ont jeté des pierres et des oeufs pourris en direction de l'immeuble tandis que d'autres prenaient des photos ou filmaient les événements sur vidéo.

Trois jeunes sont sortis du club et se sont dirigé vers les autobus en se protégeant la tête avec leurs bras contre des bouteilles et des trognons de pommes lancés par la foule qui scandait "la Russie sans les pédés", "dehors le zoo!".

Un autre homme, sorti quelques minutes plus tard, a été jeté au sol et rué de coups par trois adolescents avant d'être escorté un peu plus loin par les policiers qui n'ont pas cherché à repousser les assaillants.