Une étude récente a démontré que la tribune libre du New York Times sur l'avortement était dominée par des hommes anti-choix. De février 2004 à février 2006, d'après l'American Prospect's study, les femmes ont seulement écrit 17 pourcent des chroniques du Times sur l'avortement ; de plus, seulement sept des 67 auteurs à avoir évoqué le sujet sont des femmes. Selon l'étude, Maureen Dowd est l'auteur d'un peu moins de la moitié des quelques contributions féminines sur l'avortement, mais elle n'a jamais dédié une chronique au sujet des droits reproducteurs des femmes. Depuis deux ans, les groupes de soutien aux pro-choix, comme la National Organization for women, NARAL Pro-Choice America et Planned Parenthood Federation of America, ont été complètement absents des pages d'opinions du Times.

Durant la période étudiée, seules deux chroniques de femmes étaient exclusivement dédiées à l'avortement, dont l'une qui était une invective contre la mifepristone (RU 486) de Donna Harrison, membre de l'American Association of Pro-life Obstetricians ans Gynecologists. L'ancien général Charles Fried, qui avait essayé de renverser Roe sous Reagan, faisait partie des éditorialistes ; tout comme le blogger conservateur Hugh Hewitt, Ramesh Ponnuru de National Review et Mark Roche, le doyen de Notre Dame, qui a soutenu dans une chronique de 2004 : « L'Histoire jugera le soutien de notre société à l'avortement tout comme nous avons perçu les générations qui ont soutenu la torture et l'esclavage ».

Un grand nombre de rapports ont fait état de la rareté des femmes éditorialistes en général, dont une étude de Fairness and Accuracy in Reporting (FAIR), le groupe chien de garde des média le plus libéral des Etats-Unis. D'après le magazine Ms, Fair a remarqué que les femmes représentaient seulement 17 pourcent des rédacteurs de chroniques du New York Times, 10 pourcent de ceux du Washington Post et 13 pourcent de ceux du Times. Mais le fait que les opinions féminines soient si peu présentes en ce qui concerne le débat sur l'avortement, qui est un enjeu féminin, a surpris certains experts, notamment Julie Hollar de FAIR. Elle a communiqué à Ms : « Il y a une généralisation de la marginalisation des opinions féminines dans les média dominants, mais les résultats de l'étude Prospect sont particulièrement frappants ».

Source : Feminist majority foundation, http://www.feminist.org