Le Prix du Livre Politique récompense chaque année un ouvrage paru lors de l'année écoulée. Il est décerné par le jury du Prix du Livre Politique, spécialement créé à cette occasion, constitué d'éditorialistes et de journalistes politiques. Cet ouvrage doit contribuer à la revalorisation de la réflexion politique et socio-économique.

Le 25 mars 2006, ce prix a été décerné à Caroline Fourest. Lors d'une cérémonie à l'Assemblée nationale, en présence de Jean-Louis Debré et du président du jury, Richard Descoings, directeur de Sciences po. Il a salué l'ouvrage comme réunissant tout particulièrement les qualités requises pour ce prix "le sérieux, la capacité au discernement et le courage de dire".

Fait rare, le livre a été plebiscité dès le premier tour, par 80% des membres du jury, composé de journalistes de tous horizons. "Au fur et à mesure que les gens le lisaient, dans la réunions préparatoires, ils étaient conquis par le livre" a précisé le président du jury. Les deux précédents livres de Caroline Fourest, Tirs Croisés (co-écrit avec Fiammetta Venner) et Frère Tariq étaient finalistes les années précédentes.

Prestigieux, ce prix n'a jamais été attribué à une lauréate de trente ans comme l'a souligné Valérie Lecasble, directrice générale de I-télé, également présente à la remise. Laquelle a été entièrement retransmise sur I-télé et la Chaîne parlementaire. Y compris le discours de Caroline Fourest.

A la tribune, devant un parterre de plusieurs centaines de personnes réunies dans l'une des plus belles salles de l'Assemblée, elle s'est dit consciente d'être une essayiste particulièrement comblée pour son jeune âge, d'abord par le retour quotidien et presque "intime" qu'elle entretient avec des lecteurs et les associations citoyennes qui la soutiennent. Aujourd'hui, avec en plus cette forme de reconnaissance du travail accompli. Mais elle a surtout insisté sur la nécessité de ne pas abdiquer sa consience, son esprit critique et la liberté d'expression sous prétexte de "relativisme culturel" ou de ne pas mettre de l'"huile sur le feu" face au danger intégriste, qui est sans aucun doute le nouveau danger totalitaire. Elle a notamment évoqué les menaces planant sur les signataires du manifeste des douze, "ensemble contre le nouveau totalitarisme", pour mieux dénoncer la proposition de loi liberticide et anti-laïque du député UMP Roubaud souhaitant faire de toute atteinte au "fondement d'une religion une injure" : "Les menaces de la part d'islamistes, nous avons l'habitude. C'est un risque que nous prenons consciemment mais si, en plus, nous devons être trainé en justice pour exercer notre métier, ce n'est pas admissible. (...) Nous devons avoir conscience que des milliers d'Algériens et d'Iraniens ont fui l'islamisme pour venir vivre ici, en France, dans un pays laïque. Nous n'avons pas le droit de tuer la liberté d'expression ici aussi, sous prétexte de ne pas mettre de l'huile sur le feu là-bas. Ce serait tout simplement renoncer à combattre l'un des dangers majeurs de ce siècle" a-t-elle expliquer en substance devant une assemblée conquise.

Pour en savoir plus sur la 15ème journée du livre politique : http://www.lirelapolitique.com/jlp/jl_politique.htm