Samedi 11 mars, un site islamiste britannique a diffusé cette menace de mort envers 12 signataires du Manifeste "Ensemble contre le nouveau totalitarisme"*.

Le texte de la menace paru sur ummah.net est très clair : " Excellent, tuer les kafir sera plus facile (...) maintenant nous avons la liste, le Who's who des personnes à descendre. Prenez votre temps, mais soyez sûrs qu'ils seront partis bientôt. Oh, n'attendez pas une Fatwa, elle n'est vraiment pas nécessaire ici."

Cette menace est d'autant plus inacceptable sachant que ce manifeste n'appelle qu'à la résistance des idées. Les intégristes nous ont répondu par la violence. Ce qui est la preuve, s'il en était besoin, de leur refus du débat démocratique et de leur totalitarisme. Cette violence est d'autant plus préoccupante qu'il s'agit d'un texte de réflexion appelant à la solidarité avec tous les accusés de blasphème. Dans un contexte de remontée de l'intolérance religieuse et de tous les intégrismes, mais où l'islamisme présente toutefois un risque global totalitaire accru. Les signataires, dont plusieurs ont été menacés de mort pour leurs positions, peuvent en témoigner.

Il ne s'agit en aucun cas d'un texte contre l'islam mais contre l'islamisme, c'est-à-dire contre l'instrumentalisation politique liberticide de l'islam. Ce texte appelle à sortir de la confusion induite par le mot "islamophobie" qui confond la critique (légitime) de l'islam en tant qu'idéologie et la stigmatisation (inacceptable) des croyants en tant qu'individus.

En militant contre l'instrumentalisation politique abusive de l'islam aussi bien que contre le "relativisme culturel" (au nom duquel on voudrait priver les individus de culture musulmane du droit à l'égalité et à la laïcité), il plaide à la fois contre le racisme et contre l'intégrisme. Ce qui en fait un texte mesuré, face auquel la violence est d'autant plus démesurée et injustifiée.

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons de soutenir le manifeste des douze, "Ensemble contre le nouveau totalitarisme", afin de visibiliser la solidarité des démocrates qui, quelles que soient leurs origines ou leur confessions, refusent de se laisser intimider par les injonctions intégristes et totalitaires.

Bien à vous, Caroline Fourest