Lettre à Mouloud Aounit, fossoyeur du Mrap Madame, Monsieur, Cher ami(e), Camarade,

Je vous prie de bien vouloir prendre connaissance du courrier que j'adresse ce jour à Mouloud AOUNIT, président du Mrap.

Ce texte peut être publié sous la forme que vous choisirez.

Il est regrettable que ce mouvement fort de près de 8000 adhérents il y a dix ans soit tombé à moins de 3000 adhérents lors du dernier congrès, 2800 adhérents pour être précis et ceci du fait de la politique de la Direction actuelle.

Car " Mouloud AOUNIT veut nous imposer la quintessence du système totalitaire (Marianne n°460) et le Mouvement disparaît progressivement?

" on aperçoit aussi le pourtant laïque Mrap, qui pour faire parler de lui, accuse le journal de détournement raciste de la liberté d'expression " en faisant lui même (Mouloud AOUNIT) l'amalgame entre race et religion (Le canard enchainé n° 4450). " Le pourtant laïque Mrap " qui axe ses actions et ses discours sur le thème de l'islamophobie, se faisant ainsi le défenseur d'une religion "

" Un autre truc mais aussi désolant est d'entendre des gens de gauche (élu sur les listes du PCF à la Région Ile-de-France) comme Mouloud AOUNIT prendre la défense de ces handicapés mentaux. Charlie Hebdo n° 712

Si le patron du Mrap a vendu son âme au diable, doit-on pour autant le suivre. '' Norbert Haddad''

Texte de la lettre adressée à Mouloud, Président du Mrap le 12 février 2006

Surprise ! Dimanche matin France Inter sonne le réveil par la voix de Mouloud, de Mouloud qui engage le Mrap dans un procès en racisme contre France Soir.

Comme certaines organisations juives ont traîné Daniel Mermet ou A. Touraine en justice pour antisémistisme. Comme l'AGRIF et les intégristes catholiques ont maintes fois attaqué Charlie Hebdo. Comme enfin, mais cela, ne tenant pas du " blasphème " est sans doute infiniment moins grave, certains députés UMP ont traité quelques rappeurs pour atteinte à a République.

Curieusement jamais l'espace de liberté dévolu aux athées, libre-penseurs, non-croyants, n'est posé (cf la demande des francs-maçons pour un temps de parole à la télévision au même titre que les religions, resté sans réponse). Les " agressés " sont toujours ceux-là même qui, lorsqu'ils détiennent le pouvoir s'empressent de baîllonner ceux qui ne pensent pas " droit " de piétiner les femmes, de lancer des anathèmes (Darwin dérangeant G. Bush) ou fatwas (pour mémoire S. Rushdie et T. Nasreen). N'est-ce pas aussi au nom d'Allah que des milliers d'hommes et de femmes sont tombés en Algérie (sans d'ailleurs que cela n'émeuve autant que les prétendues attaques anti-religieuses), n'est-ce pas en son nom encore que des femmes sont mutilées, lapidées, massacrées, se voient refuser le droit à l'éducation, le droit de vivre ?

Et je ne confonds pas la majorité des musulmans muselés (cf les journalistes emprisonnés un peu partout suite à cette affaire), terrorisés, parfois manipulés au point d'attaquer les quartiers chrétiens de Beyrouth ou d'assassiner un prêtre en Turquie, avec leurs bourreaux, bourreaux qui eux, pratiquent allégrement l'amalgame entre un dessinateur et un peuple !

C'est au contraire, en ne dénonçant pas ces horreurs, en nous bouchant les oreilles et les yeux que nous entretenons ce type de confusion et que nous laissons les modérés aux mains des fanatiques.

Au lieu de cela le Mrap joue sa partition dans le retour de l'Inquisition, étrange façon de célébrer le centenaire de la laïcité pour laquelle cette nation s'est tant battue ! (à ce sujet la lecture de " à bas la calotte ", éditions alternatives, est si j'ose dire édifiante !). Si des caricaturistes, un certain Voltaire, ce peuple, ne s'étaient pas dressés contre l'oppression de l'église catholique au nom de la liberté de pensée (il s'agit de bien plus hélas que de la liberté de la presse !) certains ne seraient pas aujourd'hui en capacité de porter plainte contre les journalistes ou caricaturistes, d'attaquer les fondements même de la laïcité qui leur a donné le droit à la parole.

Il est bien triste de voir le Mrap choisir la voie de la répression et de l'interdiction, plutôt que celle de l'éducation, du débat, du combat. Il serait autrement démocratique de célébrer le centenaire de la loi laïque en apportant informations et arguments sur ce qu'elle est réellement (elle est si souvent et avec elle ses défenseurs qualifiés de " laïcards ", caricaturée!) ; de dénoncer la condition d'une " forte minorité ", les femmes, et notamment de faire connaître et de relayer la décision de l'ONU (faire du 6 février la journée internationale contre les mutilations génitales infligées aux femmes).

Pour conclure je reprendrai une formule devenue célèbre " pas en notre nom " et c'est donc " la mort dans l'âme " que je vous demande de me radier des fichiers du Mrap et je vous renvoie ma carte.

par Norbert Haddad, Stains le 12 février 2006.