Georges Bush semble décidé à remplacer William H. Rehnquist, le président de la Cour Suprême décédé la semaine dernière, par son poulain : John Roberts. Ce dernier devait intialement remplacer Sandra O'Connor. Son accession au poste le plus influent de la démocratie américaine est une nouvelle très inquiétnte pour les défenseurs des libertés individuelles.

Fidèle du parti Républicain et de la famille Bush, nommé juge à la cour d'appel de Washington par le président actuel, John Roberts est surtout connu pour avoir validé les tribunaux militaires d'exceptions mis en place pour juger les détenus de Guantanamo. Mais il promet aussi côté droit de choisir. Il a déjà plaidé contre l'avortement dans le passé, estimant que « Roe (le jugement de la Cour suprême légalisant l'avortement) était une erreur et devrait être renversé ». Sa femme est vice-présidente d'une organisation de femmes contre l'avortement, Feminist for life. Tous les groupes anti-choix, même les plus radicaux, ont appelé à soutenir sa nomination. Opération Rescue, à l'origine des actions les plus violentes contre l'avortement, se réjouit : « le Président Bush a tenu sa parole en nommant un juge qui respectera le droit à la vie ». La Coalition chrétien parle de « promesse tenue » . C'est dire si les partisans de la laïcité et du droit de choisir sont inquiets. Barry Lynn de American United for Separation of Church and State explique que « Roberts va travailler à démanteler le mur qui sépare l'Eglise de l'Etat ». Eleanor Smeal de Feminist for majority appelle ses troupes à se mobiliser.

Caroline Fourest