En 1994 Chrystelle, militante du MFPF, a déposé une plainte contre son père pour des viols répétés depuis l'age de 4 ans. La justice s'est prononcée : - Michel Quesne a été condamné à 16 ans de réclusion criminelle par la Cour d'assises de la Sarthe en 1999. - Cette condamnation a été confirmée par la Cour de Cassation en 2000. - En 2004,la Cour Européenne des Droits de l'Homme estime que la France n'a pas suffisamment respecté les droits de la défense et condamne la France à verser des dommages et intérêts, et Michel Quesne peut et va de nouveau se pourvoir en cassation.

Notre propos n'est pas de contester les décisions de justice, Française ou Européenne, mais de rappeler la situation de Chrystelle. Elle a dû faire face à trois procès (Assises, Cassation, Cour Européenne). Chaque fois, elle doit replonger dans la mémoire douloureuse des faits. Chaque fois, elle doit dépenser de l'argent, du temps, de l'énergie. Chaque fois, elle doit envisager que le jugement qui la reconnaissait comme victime puisse être remis en cause.

Dernièrement, il y a eu une forte médiatisation de certains aspects du procès pour viols sur enfants d'Outreau. Ce que les médias ont retenu et répété lors de ce procès, et qui est important, c'est que des erreurs avaient été commises, que l'enquête et l'instruction n'avaient pas été conduites avec toutes les précautions nécessaires pour que la présomption d'innocence soit respectée. Mais les médias et l'opinion publique, ainsi que certains responsables politiques un peu trop soucieux de ne pas rater un passage à la télévision, en ont oublié que, si erreur il y avait pour certains des accusés, les viols avaient bel et bien eu lieu, les enfants les avaient subis et avaient besoin que justice leur soit rendue. La presse a bien sûr redonné la parole à certains spécialistes pour dire que les enfants pouvaient mentir. Nous le savions, merci. Mais l'étalage de ces évidences pseudo scientifiques à la une des journaux a surtout remis en question tout le travail fait depuis des années pour qu'enfin la parole des enfants soit écoutée et prise en compte.

C'est dans ce contexte que Chrystelle va devoir affronter un nouveau procès. Elle a besoin de notre soutien, sous toute ses formes y compris financières. Elle va se battre à nouveau et a besoin de savoir qu'à ses cotés nous nous battrons pour que continue le travail de prévention des violences sexuelles à enfants, pour que continuent les formations de policiers et gendarmes à l'écoute spécifiques des enfants victimes, pour que continue le travail associatif et militant d'accompagnement des victimes.

Mouvement Français pour le Planning familial

Contact: Maïté Albagly: tél. 01 48 07 29 10 / email: mfpf@planning-familial.org COMMUNIQUÉ DE PRESSE DU MFPF