Il y a un siècle la fédération nationale des syndicats d'instituteurs était fondée... Il y a un siècle, malgré l'interdiction qui leur était faite par l'Etat de se constituer en syndicat, les institutrices et instituteurs ont voulu rejoindre les bourses du travail. Il s'agissait pour les pionniers du syndicalisme enseignant de combattre le triple joug : la direction d'école, les potentats locaux et l'église.... 100 ans après, le premier syndicat d'instit et de professeurs de ce pays, héritier du SNI PEGC unitaire : le SNUipp commémore le centenaire de la loi de séparation du 9 décembre 1905 en invitant au cours de son Conseil National, Jean Baubérot, le seul membre de la commission Stasi à ne pas avoir voté le rapport final !?

Tout un symbole de l'évolution de cette direction.... Les oreilles de tous les laïques ont dû siffler en entendant Monsieur Baubérot oser affirmer que les « républicains » avaient recyclé le discours de Milner et que Pena Ruiz était tout à fait excessif en condamnant l'expression de la « laïcité ouverte ».... Encore une fois, le même plat a été servi aux convives avec cet amalgame entre les principes et une agressivité anti- musulmane... et pourquoi pas une certaine forme de racisme ( !) Pour nous, une jeune fille quelle que soit son origine est une citoyenne française, disposant de tous les droits et surtout pas une « indigène » de la République qu'on enfermerait , bien souvent malgré elle dans une communauté qui serait contrôlée par des intégristes patentés et plus ou moins reconnus. Pourquoi avoir choisi cet orateur ? Un hasard ? Certainement pas, plutôt une identité d'idées, une même révision les valeurs portées par le syndicalisme enseignant et de la Fédération Nationale des Syndicats d'instituteurs ? Ce qui est le plus attristant dans tout cela, c'est de constater que la tendance qui historiquement a toujours combattu l'intégrisme et défendu la laïcité, l'Ecole Emancipée a renforcé le discours de Baubérot en affirmant qu'il n'y avait pas d'étanchéité entre sphère publique et sphère privée.... Ainsi la minorité de la LCR en arrive à mettre en pratique sa politique d'alliance avec les islamistes contre la loi du 15 mars 2004, n'hésitant pas à jeter par dessus bord tous les principes constitutifs du combat laïque et dire que ces camarades se prétendent féministes en livrant poings et mains liés les jeunes filles aux islamistes... Des voix se sont élevées contre ce discours de renoncement, ce qui montre qu'il existe dans ce syndicat des militantes et militants qui veulent que leur organisation change de cap

Jean-François CHALOT