Comme beaucoup de militants laïques, j'apprécie la revue féministe Prochoix et les livres des deux auteures Fiammetta Venner et Caroline Fourest qui ont su alimenter notre réflexion à partir d'analyses sérieuses et étayées sur les différents intégrismes.

Si je suis très souvent d'accord avec les textes publiés par Prochoix, revue à laquelle je suis abonné, je note aujourd'hui une divergence d'appréciation à la lecture des news de cette revue. Ce n'est pas la loi du 15 mars 2004 qui s'applique à propos des voyages scolaires et sur ce point je suis en accord avec Caroline Fourest... Par contre, comme laïque et syndicaliste enseignant je ne porte pas la même appréciation que Caroline Fourest quand elle affirme : « Quand bien même ces parents d'élèves seraient accompagnateurs lors d'une sortie scolaire, ils le font en tant que parents et non en tant que salariés de l'Education nationale. Et dans le cadre d'une activité qui vise justement l'extérieur de l'établissement, donc la rue, où nous tenons à la liberté de chacun, y compris celle de manifester son appartenance à une croyance, fusse en arborant un symbole réactionnaire et sexiste".

Le directeur d'école a eu raison de refuser qu'une mère voilée accompagne le voyage scolaire à Echirolles dans l'Isère. Un voyage scolaire est une activité éducative qui entre dans le cadre pédagogique et de tous temps les enseignants, organisateurs, ont revendiqué et obtenu le droit d'accepter ou de refuser tel parent en fonction des capacités requises. Les questions de responsabilité, le code de déontologie exigent que les missions confiées par les enseignants à des parents puissent être exercées, pour le bien des enfants, dans les meilleures conditions possibles.

Dans le cadre d'un voyage scolaire, un parent remplit par délégation une mission de service public, ce qui suppose qu'il respecte la laïcité de l'école en ayant une tenue sans signe religieux ou politique visible et une attitude conforme aux valeurs portées par l'école publique. L'accompagnement est un acte éducatif non banal... Il s'agit là d'un espace public.

Il ne faut pas confondre la mission éducative imposant le respect de règles et la liberté qui doit être entière pour quiconque se promène dans la rue d'abhorrer tel signe.

Nous ne pouvons que soutenir les enseignants et les directeurs d'écoles et regretter que certains inspecteurs de l'éducation nationale, comme l'IEN de Montreuil demandent pour avoir la « paix sociale » de laisser faire.

Jean-François CHALOT