Des heurts ont éclaté entre le Service d'ordre de Notre-Dame de Paris et des militants d'Act-Up-Paris. Une vingtaine de militants se sont introduits dans la cathédrale pour célébrer un mariage homo symbolique.

Déguisé en prêtre, un membre d'Act Up a "marié" deux femmes, tandis que les manifestants scandaient: "Benoît XVI, homophobe, complice du sida". Coursés par le service d'ordre de la cathédrale, les militants sont sortis, mais des heurts ont éclaté à l'extérieur. A partir de là, deux versions des faits circulent.

Le recteur archiprêtre, Monseigneur Patrick Jacquin, dit avoir été molesté par des barbares : "C'étaient des sauvages. J'ai été mis à terre et piétiné, frappé par derrière à la base du cou, c'est scandaleux de s'en prendre à moi et au pape", a-t-il déclaré à l'AFP. "Cette bande musclée a envahi la cathédrale créant un trouble manifeste de l'ordre public. Je me réserve le droit avec l'archevêché de porter plainte contre ces actes barbares, odieux et scandaleux", a-t-il ajouté. Le service de presse de Notre-dame de Paris a même publié un communiqué pour en rajouté, affirmant que le recteur-archiprêtre "a été ceinturé puis frappé à la nuque par deux individus, provoquant une perte de connaissance".

De son côté, le président d'Act Up Paris, Jérôme Martin, qui participait à la manifestation, affirme lui aussi avoir été frappé et dénonce une "mise en scène" du prêtre :"Nous ne voulions pas être agressifs vis-à-vis des croyants (...) le service de sécurité, agressif, a voulu arracher notre banderole", a-t-il assuré à l'AFP.

Une version confirmée Sergio Coronado, porte-parole des Verts, venu assisté à la cérémonie et témoin de la scène. Il a déclaré à l'AFP que les incidents ne s'étaient produits qu'à la sortie de Notre-Dame. "Une dizaine de personnes du service d'ordre de Notre-Dame s'en sont prises, avec violence, aux manifestants, à leur banderole et aux touristes afin que ceux-ci ne filment, ni ne photographient leur intervention", a-t-il expliqué. Selon lui et plusieurs journalistes présents sur les lieux, Mgr Jacquin "s'est jeté à terre, alors qu'il était seul, en criant « on me frappe, on me frappe".

La première Division de police judiciaire (DPJ) a été saisie. Les deux versions des faits sont examinées par l'enquête policière.

L'UMP s'en prend à Act-Up et dénonce une "manifestation ignoble".

Pour le président de la fédération UMP de Paris, Philippe Goujon, il y a eu "une atteinte à la liberté d'exercice du culte, odieuse et scandaleuse, accompagnée de violences contre des prêtres". Pour le président du groupe à la mairie de Paris, Claude Goasguen, particulièrement virulent au moment du débat sur le PaCS, "rien ne peut justifier une quelconque atteinte à la liberté religieuse". Il demande des sanctions contre les reponsables de cette manifestation.