On croirait à des revenants ou au remake d'un mauvais film. Après la sinistre pétition du Collectif des maires contre le PaCS de 1998, organisée en sous-main par le Vatican, et qui avait recueillis 19000 signatures (dont 15 000 seulement authentiques après enquête de ProChoix), voici le collectif des "maires pour l'enfance" et sa pétition pour dire NON au mariage homosexuel.

Selon l'AFP, ce collectif, fondé par cinq élus (de façon totalement spontannée ?), affirme avoir recueilli les signatures de "11.669 maires qui disent non au mariage homosexuel". Un chiffre qui a au moins le mérité de nous prouver que l'homohobie recule chez les élus locaux depuis 1998... Mais qui laisse tout de même un goût amer, celui de la revanche, comme par hasard au moment où l'Eglise catholique reprendre l'offensive contre les libertés individuelles.

Le porte-parole de l'opération se nomme Franck Meyer (UDF), directeur d'école et maire de Sotteville-sous-le-Val (650 habitants) en Seine-Maritime. Il refuse de publier les noms des signataires pour le moment mais dit avoir fait atester la liste par huissier (ça vous rappelle quelque chose ?).

Le formulaire envoyer aux 36 000 maires de France et à retourner comportait deux cases à cocher, à côté des phrases suivantes : "je désapprouve tout projet d'instauration d'un +mariage+ entre personnes de même sexe", "je conteste l'implication du maire, en tant qu'officier d'état civil, dans une célébration de ce type". Le collectif affirme qu'un tiers des maires a répondu, dont seulement "quatre élus" exprimaient leur désaccord avec l'appel.

Un an après le mariage de deux hommes célébré à Bègles (Gironde) puis annulé par la justice, le collectif demandé d'audience au Premier ministre par une lettre où il écrit : "le mariage est bien pour nous l'engagement d'un homme et d'une femme à fonder un foyer", "nous ne désirons pas voir modifié ce qui participe fondamentalement à la construction sociale de notre pays".

"Si les homosexuels obtiennent le droit au mariage, je ne vois pas au nom de quoi on pourra leur refuser la filiation ou l'adoption, s'est inquiété M. Meyer, estimant que "la masculinité et la féminité sont des repères fondamentaux pour le développement psychologique d'un enfant".

"Qu'un enfant n'ait qu'une face de la médaille, c'est très grave", a renchéri le maire de Braye (Aisne), José Godfrin (UMP), 62 ans.

"On dira que notre discours est ringard et on nous traitera d'homophobes", a prévu Philippe Gosselin (UMP), 38 ans, maire de Remilly-sur-Lozon (Manche). Alors je dis clairement: "chacun fait ce qu'il veut de ses fesses, entre adultes consentants; il n'est pas question de dire que l'homosexualité est une tare ou une déviance, ce serait ridicule".

Pour comprendre les enjeux et les déjà vu d'une telle opération, nous vous conseillons de consulter la campagne d'information menée par ProChoix en 1998 contre la pétition des maires anti-PaCS : Lire