MONTREAL, 2 juin 2005 (AFP) Une organisation musulmane canadienne a vivement dénoncé jeudi le refus du parlement québécois de permettre la création de tribunaux islamiques dans cette province pour arbitrer les différends personnels ou familiaux. La semaine dernière, l'Assemblée nationale du Québec avait adopté unanimement une résolution "s'opposant à l'implantation des tribunaux dits islamiques au Québec et au Canada". Le Québec avait ainsi pris ses distances avec sa voisine, l'Ontario, la province la plus peuplée du Canada, qui n'écarte pas la possibilité de permettre le recours à la charia (la loi islamique) pour régler de telles disputes. Cette "condamnation des tribunaux islamiques par le Québec" est "raciste", "discrimatoire", "dangereuse" et "rétrograde", a tour à tour affirmé dans un communiqué le président du Congrès islamique canadien, Mohamed Elmasry. "Pourrait-on imaginer l'adoption d'une telle résolution à l'endroit des juifs canadiens ou des chrétiens?", a-t-il ajouté en s'en prenant à la députée libérale Fatima Houda-Pépin, à l'origine de la résolution, ainsi qu'à l'assemblée québécoise. Musulmane née au Maroc, Mme Houda-Pépin avait estimé la semaine dernière que "réclamer l'application de la Charia au Canada est un véritable coup de force qui vise à saper l'une des assises fondamentales de notre démocratie, notre système de justice". En 2001, année du dernier recensement, le Canada comptait près de 600.000 musulmans, dont 108.000 au Québec.