COMMUNIQUÉ DE REGARDS DE FEMME Compte-rendu du procès de l'imam Bouziane au Tribunal de Grande Instance de Lyon le 24 mai 2005:

Le procès a eu lieu, en l'absence de monsieur Bouziane, prévenu de « Provocation directe non suivie d'effet à commettre l'infraction d'atteinte volontaire à l'intégrité d'une personne ».

Lors de la lecture du dossier, par le président du tribunal à savoir l'article de LyonMag, la retranscription de la cassette de l'interview et l'instruction par le Magistrat Instructeur de M. Bouziane accompagné de son avocat et du journaliste, nous avons appris que M. Bouziane avait confirmé devant la Juge d'instruction que si une femme trompe son mari, celui-ci peut la frapper, en indiquant la manière de le faire.

L'avocat de Regards de Femmes a souligné le fait que M. Bouziane a mobilisé son autorité morale de « religieux » au service d'une incitation barbare à la violence maritale, légitimant ainsi les violences des maris sur leurs femmes Affirmer un tel droit, selon l'interprétation intégriste du Coran, fait de la femme un être inférieur et humiliable à merci, et invite à se faire justice soi-même, sans administration de la preuve. C'est également suggérer que les « lois » religieuses seraient supérieures aux lois de la République. M. Bouziane incite à des violences sur les épouses adultères alors qu'il est lui-même polygame, donc adultère.

Regards de Femmes a demandé, à titre symbolique, une indemnité de 1' par femme victime de violences conjugales. En s'appuyant sur l'enquête nationale envers les violences faites aux femmes -2,5% de femmes entre 20 et 60 ans sont victimes de coups et blessures, dans le cadre des violences conjugales- rapportée à la population du Grand Lyon, 8 800 femmes en seraient victimes. Si cette indemnité était recouvrée, Regards de Femmes la verserait aux associations d'accueil et de soutien de ces victimes.

L'avocate de « Femmes contre les intégrismes » a précisé que toute violence envers les femmes est un délit.

Le Procureur de la République, dans son réquisitoire a rappelé qu'il n'y a pas d'immunité pour les religieux. Pour lui, le délit est certain, les propos de l'imam donnent la permission morale et religieuse de violences conjugales. L'amende doit être lourde

L'avocat de l'imam Bouziane a fait référence, dans ses défenses écrites et orales, devant un tribunal de la République, au « saint Coran » pour défendre son client !

Délibéré le 21 juin à 14h.