Les associations LGBT espagnoles sont scandalisées après les déclarations d'un cardinal qui prône l'objection de conscience face aux mariages gay en les comparant à l'holocauste.

Les associations homosexuelles espagnoles se sont scandalisées mercredi des déclarations du cardinal espagnol Ricard Maria Carles qui a prôné l'objection de conscience face aux mariages gay en affirmant que suivre la loi avant sa conscience "menait à Auschwitz".

"Si l'on fait prévaloir l'obéissance à la loi sur l'obéissance à la conscience, cela mène à Auschwitz", avait déclaré l'archevêque à la retraite de Barcelone mardi soir à la chaîne de télévision TV3, en évoquant la nouvelle loi autorisant les mariages entre homosexuels, qui devrait entrer en vigueur dès cet été en Espagne. "Ceux qui ont fait Auschwitz n'étaient pas des délinquants, mais des gens qu'on avait contraints ou qui pensaient qu'ils devaient obéir aux lois du gouvernement nazi, plutôt qu'à leur conscience", a ajouté le cardinal.

La Fondation Triangulo pour l'égalité des gays et lesbiennes a qualifié de "répugnante la comparaison avec l'holocauste nazi" et a demandé à l'Eglise de "cesser de semer la haine contre les victimes de discrimination et contre les victimes de l'holocauste, parmi lesquelles beaucoup d'homosexuels". Une autre association gay, Cogam, a jugé "incroyable que la hiérarchie catholique en vienne à faire un lien entre les parlementaires qui ont voté pour le mariage et le nazisme", et dénoncé une "inadmissible ingérence d'un Etat étranger dans la politique espagnole", en référence au Vatican.

Le Vatican, en la personne du cardinal Alfonso Lopez Trujillo, président du Conseil pontifical pour la famille, avait appelé vendredi les fonctionnaires espagnols à "l'objection de conscience" face à la loi autorisant mariage et adoption pour les homosexuels, votée jeudi par le parlement espagnol. Le ministre espagnol de la Justice, le socialiste Juan Fernando Lopez Aguilar, a répliqué que l'objection de conscience n'avait "pas lieu d'être" dans le cadre d'une loi votée par le parlement. La conseillère municipale de Madrid Ana Botella, épouse de l'ancien chef du gouvernement José Maria Aznar, a rejoint mardi la fronde de nombreux maires et conseillers municipaux conservateurs qui ont affirmé qu'ils ne marieraient pas d'homosexuels. Mais plusieurs maires conservateurs de grandes villes, comme Madrid et Valence, ont assuré qu'ils respecteraient la loi.