Soutenez le combat des femmes canadiennes contre les tribunaux charia

Cher(s) Ami(e)s,

WLUML vous demande d'envoyer RAPIDEMENT des lettres de soutien aux mouvements féministes canadiens, et particulièrement aux mouvements de femmes dont les familles viennent de sociétés musulmanes, dans leur lutte pour résister à l'introduction de prétendus « tribunaux Charia Â» pour résoudre les questions familiales au Canada.

La résistance à ce changement discriminatoire pour les femmes monte rapidement, mais les groupes féministes canadiens ont encore besoin du soutien d'activistes féministes et progressistes des droits humains à l'étranger, pour s'assurer que le gouvernement canadien n'étende pas cette « expérience Â» désastreuse.

Comme beaucoup d'entre nous en ont fait l'expérience, lorsqu'une mesure régressive est introduite et justifiée en référence à la religion et à la culture, il devient très difficile pour les femmes et les autres groupes désavantagés d'inverser le processus. Nous savons malheureusement aussi que des mesures régressives dans un certain contexte conduisent à restreindre les options pour d'autres voix dans d'autres contextes. Plusieurs réunions et conférences sur le sujet sont prévues au Canada en avril et en mai.

C'est une occasion importante pour rendre plus visible la résistance féministe face à la manipulation politique de la culture et de l'identité.Par conséquent nous vous prions de répondre rapidement à cet APPEL A L'ACTION et de manifester activement votre solidarité avec les groupes féministes canadiens.

Vous trouverez ci-dessous des détails sur les actions nécessaires, les adresses utiles, des informations contextuelles détaillées et des exemples de lettres.

''WLUML Office de la coordination internationale WLUML: wluml@wluml.org Website: http://www.wluml.org


Lettre de solidarité de WLUML aux femmes du Canada

Le réseau international de solidarité Femmes sous lois musulmanes (WLUML) souhaite exprimer sa solidarité avec les femmes du Canada, particulièrement les immigrées dont les familles viennent de sociétés musulmanes, dans leur lutte pour résister à l'introduction de prétendus «tribunaux charia» pour régler les questions familiales au Canada.

WLUML relie des femmes de plus de 70 pays et communautés musulmans, des femmes dans des contextes majoritaires et minoritaires, dans des états où les lois sont formées en référence à l'Islam et dans des états laïques, au-delà des frontières géographiques, linguistiques, ethniques et d'autres identités. Malgré nos diversités, nous partageons le fait que notre oppression en tant que femmes est trop souvent justifiée en référence à l'Islam, et que des forces d'extrême droite cherchent à manipuler la religion pour accroître leur pouvoir politique et social.

Il existe dans tous les pays et communautés musulmans une histoire de la résistance face à l'imposition d'une vision homogène et autoritaire de la société, telle que la soutiennent les groupes fondamentalistes. Des intellectuels progressistes remettent constamment en cause les monopoles patriarcaux traditionnels sur l'interprétation de l'Islam, tandis que les activistes féministes et progressistes des droits humains insistent sur le fait que les droits humains et la justice sociale doivent être la base d'un développement social local. Là où l'expression démocratique a pu se développer, les gens de pays et communautés musulmans ont rejeté les projets des fondamentalistes, et même dans des pays non démocratiques des femmes et des hommes progressistes ont forcé l'ouverture d'un débat et obtenu un certain succès pour maintenir l'espace pour d'autres voix.

Cette victoire a conduit l'extrême droite dans des contextes musulmans à lancer une nouvelle stratégie, ouvrant un nouveau front en Europe et en Amérique du Nord. Au nom de «la liberté d'expression» et de l'anti racisme (précisément les valeurs que nous défendons), et sous l'apparence de défendre les «droits communautaires», les groupes fondamentalistes parviennent de plus en plus à pénétrer des cercles progressistes ici, qui continuent à prendre des positions culturellement relativistes.

Le but de cette « alliance sacrilège Â» de quelques progressistes avec les fondamentalistes est de tirer parti des politiques de multiculturalisme de l'état et des réalités difficiles de discrimination raciale permanente pour demander des droits spécifiques pour la «communauté musulmane». Mais ces droits spécifiques comprennent inévitablement des pratiques contre les femmes et des interprétations extrêmement régressives de l'Islam. Ils supposent aussi sans condition que tous les immigrés provenant de contextes musulmans d'identifient comme « Musulmans ».

Les femmes reliées par notre réseau ont déjà fait l'expérience amère du bafouement des droits des femmes au nom de l'Islam à travers les modifications régressives des lois familiales et criminelles, et avec l'introduction de mesures discriminatoires depuis la montée des groupes fondamentalistes dans les années 80. Les garanties constitutionnelles d'égalité n'ont pas suffi à protéger les femmes contre les conséquences de telles modifications, ni contre l'ambiance sociale anti-féminine qu'elles ont encouragées. En effet, la pression familiale et communautaire peut limiter sévèrement le droit d'une femme à exercer un « choix Â» en ce qui concerne par exemple les forums juridiques auxquels elle s'adresse pour ses demandes. Des dispositions qui en apparence offrent une gamme de choix juridiques peuvent en réalité forcer les femmes à devoir « choisir Â» un aspect de leurs nombreuses identités au détriment d'un autre. Souvent l'autonomie des femmes en est compromise, comme cela a été démontré dans d'autres communautés immigrées, par exemple en France et au Royaume-Uni. C'est particulièrement vrai du fait que l'on accorde moins de légitimité aux voix des femmes qu'aux voix des hommes sur des questions communautaires.

Nous sommes aussi très conscientes du fait que toute victoire de forces conservatrices parmi les communautés musulmanes d'Europe et d'Amérique du Nord renforcera automatiquement les groupes fondamentalistes dans des pays et communautés musulmans ailleurs, dans le contexte mondialiste actuel. Cela aura des répercussions contre nous, dans des contextes où nous avons obtenu un certain succès pour préserver l'espace réservé aux voix des femmes et à des voix alternatives. En plus de notre sens de la solidarité, c'est la crainte de tels développements qui conduit WLUML à exprimer son soutien aux femmes de communautés immigrées musulmanes au Canada et ailleurs.

Nous reconnaissons que les communautés immigrées et les Musulmans font face à une ambiance de préjugés, de discrimination et d'exclusion croissants en Europe et en Amérique du Nord, particulièrement dans le contexte de la « guerre contre la terreur ». Mais le fait de donner du pouvoir et de la légitimité à des mouvements politiques d'extrême droite tels que les fondamentalistes au sein des communautés musulmanes n'est ni une manière acceptable ni une manière efficace de résoudre de tels problèmes. La notion complexe d'identité ne doit pas être définie par des chefs de communautés masculins d'extrême droite

Des hommes obscurantistes ne peuvent pas prétendre légitimement « parler au nom de Â» ces communautés qui sont politiquement et socialement aussi variées que la communauté majoritaire. Si cette dernière souhaite résoudre ses problèmes par des processus démocratiques et pluralistes, et si elle se considère comme un ensemble de citoyens plutôt que comme des membres d'une congrégation, pourquoi refuser ces processus aux personnes d'origine immigrée musulmane ? Il est crucial que les voix des femmes et des hommes progressistes d'origine immigrée musulmane soient reconnues par les mouvements sociaux progressistes d'Europe et d'Amérique du Nord, ainsi que par les états dans ces contextes. Les progressistes cherchent à résoudre les problèmes qui se posent dans leurs sociétés par des moyens qui garantissent le respect et l'application des droits de tous et de toutes.

Nous demandons aussi aux femmes de communautés immigrées musulmanes de se joindre le plus vite possible à des luttes de femmes et de progressistes dans d'autres contextes musulmans, et de reconnaître les victoires gagnées par ces luttes. Il serait ironique que des femmes dans d'autres contextes musulmans disposent de plus de droits que leurs soeurs dans des contextes d'immigration qui ont accepté une réduction de leurs droits sous prétexte de « défendre l'Islam Â» ou la communauté face à la discrimination. WLUML souhaite applaudir la lutte permanente des femmes canadiennes pour mettre fin à toutes formes de discrimination. Il célèbre l'unité des combats féministes, et élargit son soutien total aux efforts de femmes de communautés immigrées musulmanes pour résister à toutes les tentatives de les priver encore plus de leurs droits.


Groupes féministes canadiens

Le Conseil canadien des femmes musulmanes P.O. Box 154, GANANOQUE, ONT K7G 2T7
 Courrier électronique : info@ccmw.com Site Web : www.ccmw.com

Association nationale de la femme et du Droit Andrée Côté, Directrice, Législation et réforme de loi National Association of Women and the Law 1066 Somerset West, suite 303, Ottawa K1Y 4T3;Tel: +1 613 241-7570, ext. 25; Fax: +1 613 241-4657; Courrier électronique: andree@nawl.ca

Fonds d'action et d'éducation juridique (LEAF), Sous commission de la commission légale nationale sur les lois familiales / problèmes d'arbitrage Cindy Wilkey Courrier électronique: wilkeyc@lao.on.ca

Organisation nationale des femmes immigrantes et des femmes appartenant à une minorité visible du Canada (NOVMWC) Anu Bose, Executive Director NOIVMWC, Ottawa Courrier électronique: anubose@noivmwc.org

Congrès musulman canadien : Tel: +1 416 928-0477 Courrier électronique: muslimchronicle@canada.com

Campagne internationale contre la charia au Canada Homa Arjomand : Tel: +1 416 737-9500 Courrier électronique: noShariacourt@yahoo.com


CE QUE VOUS POUVEZ FAIRE

Le Conseil canadien des femmes musulmanes a organisé un symposium sur les femmes musulmanes dans le système de justice : sexe, religion et pluralisme, à Toronto le 9 avril 2005. Veuillez envoyer des messages de soutien et de solidarité afin de maintenir une pression constante jusqu'à ce que le gouvernement prenne des mesures positives pour résoudre ce problème. Ci-dessous se trouve une copie de la lettre de soutien envoyée par WLUML. Elle souligne quelques-uns des points à soulever. Nous vous suggérons d'ajouter des détails spécifiques concernant l'expérience du fondamentalisme par les femmes dans votre propre contexte. Afin de refléter l'inquiétude des femmes face à ce développement, nous vous prions aussi de faire signer et approuver votre message de soutien par le plus grand nombre possible de groupes féministes et des droits humains de votre pays. Nous vous prions également d'envoyer un message aux autorités canadiennes, en insistant sur le fait qu'ils écoutent les voix de toutes les femmes, et qu'ils suivent la loi internationale sur la discrimination. Une copie du message envoyé par WLUML aux autorités canadiennes se trouve ci-dessous


Lettre de WLUML aux autorités canadiennes

Le réseau de solidarité internationale Femmes sous lois musulmanes incite vivement le gouvernement canadien et les autorités de l'Ontario et des autres provinces à écouter les voix des femmes du Canada, et particulièrement celles des immigrées dont les familles viennent de sociétés musulmanes, qui résistent à l'utilisation de l'Acte d'arbitrage de 1991 d'introduire des prétendus « tribunaux charia Â» pour résoudre les questions familiales.

WLUML relie des femmes de plus de 70 pays et communautés musulmans, des femmes dans des contextes majoritaires et minoritaires, dans des états où les lois sont formées en référence à l'Islam et dans des états laïques, au-delà des frontières géographiques, linguistiques, ethniques et d'autres identités. Malgré nos diversités, nous partageons le fait que notre oppression en tant que femmes est trop souvent justifiée en référence à l'Islam, et que des forces extrême droite cherchent à manipuler la religion pour accroître leur pouvoir politique et social. Au nom de «la liberté d'expression» et de l'anti racisme» (précisément les valeurs que nous défendons), et sous l'apparence de défendre les «droits communautaires», face aux dures réalités de discrimination raciale permanente, les groupes fondamentalistes et leurs alliés relativistes culturels de gauche demandent des droits spécifiques pour la « communauté musulmane ». Mais ces droits spécifiques comprennent inévitablement des pratiques contre les femmes et des interprétations extrêmement régressives de l'Islam. Ils supposent aussi sans condition que tous les immigrés provenant de contextes musulmans d'identifient comme « Musulmans ».

Dans l'expérience amère de femmes liées à travers notre réseau, les garanties constitutionnelles d'égalité n'ont pas suffi à protéger les femmes des conséquences de « l'islamisation Â» des lois ni de l'ambiance anti-féministe qu'elles ont encouragées depuis la montée des groupes fondamentalistes dans les années 80. En effet, la pression familiale et communautaire peut limiter sévèrement le droit d'une femme à exercer un « choix Â» en ce qui concerne par exemple les forums juridiques auxquels elle s'adresse pour ses demandes.

Des dispositions qui en apparence offrent une gamme de choix juridiques peuvent en réalité forcer les femmes à devoir « choisir Â» un aspect de leurs nombreuses identités au détriment d'un autre. Souvent l'autonomie des femmes en est compromise, comme cela a été démontré dans d'autres communautés immigrées, par exemple en France et au Royaume-Uni. Cela se vérifie particulièrement du fait que les mesures multiculturelles accordent souvent moins de légitimité aux voix des femmes qu'aux voix des hommes sur des questions communautaires. Des hommes obscurantistes ne peuvent pas prétendre légitimement « parler au nom de Â» ces communautés qui sont politiquement et socialement aussi variées que la communauté majoritaire. Si cette dernière souhaite résoudre ses problèmes par des processus démocratiques et pluralistes, et si elle se considère comme un ensemble de citoyens plutôt que comme des membres d'une congrégation, pourquoi refuser ces processus aux personnes d'origine immigrée musulmane ?

La Commission des droits de l'homme de l'ONU a déclaré dans son commentaire général N° 28 que : « Les partis de l'état doivent garantir que des attitudes traditionnelles, historiques, religieuses ou culturelles ne soient pas utilisées pour justifier la violation du droit des femmes à l'égalité devant la loi, et à une jouissance égale de tous droits conventionnels sur les droits civils et politiques. Â» Par conséquent, WLUML encourage vivement les autorités canadiennes à écouter les inquiétudes émises par les femmes, et à suivre la loi internationale des droits de l'homme sur ce sujet. Nous vous prions d'agréer l'assurance de nos sentiments les meilleurs.

Femmes sous lois musulmanes''


Autorités nationales canadiennes

Premier Ministre M. Paul Martin 80 Wellington St. Ottawa Ontario, Canada K1A OA2 Fax: +1 613-941-6900 Courrier électronique: pm@pm.gc.ca or martin.p@parl.gc.ca

Ministre de la Justice et Procureur Général du Canada M. Irwin Cotler House of Commons Ottawa, Ontario K1A 0A6 Fax: +1 613 992-6762 Courrier électronique: Cotler.I@parl.gc.ca

Ministre responsable du statut des femmes Mme Liza Frulla House of Commons Ottawa, Ontario, K1A 0A6 Fax: +1 613 995-6404 Courrier électronique: Frulla.L@parl.gc.ca

Ministre d'Etat (Multiculturalisme) M. Raymond Chan House of Commons Ottawa, Ontario K1A 0A6 Fax: (613) 995-2174 Courrier électronique: Chan.R@parl.gc.ca

Ambassades canadiennes/Hautes Commissions Ce site Web donne des informations pour les ambassades canadiennes, les consulats et hautes commissions à l'étranger : http://www.dfait-maeci.gc.ca/world/embassies/cra-en.asp

Autorités provinciales

Premier Ministre de l'Ontario M. Dalton McGuinty Ministère des Affaires intergouvernementales 900 Bay St, 6th Flr, Mowat Block Toronto ON M7A 1C2 Tel: +1 416-325-9895 Fax: +1 416-325-5222 Courrier électronique: dmcguinty.mpp.co@liberal.ola.org

Procureur Général M. Michael Bryant Ministry of the Attorney General 720 Bay St, 11th Flr Toronto ON M5G 2K1 Fax : +1 416-326-4016 Courrier électronique: michael.bryant@jus.gov.on.ca

Ministre responsable des questions de la femme Mme Sandra Pupatello 80 Grosvenor St, 6th Flr, Hepburn Block Toronto ON M7A 1E9 Fax : +1 416-325-5221 Courrier électronique: spupatello.mpp@liberal.ola.org

Rapporteurs spéciaux de l'ONU

Rapporteur Spécial sur la violence contre les femmes Mme Yakin Ertürk OHCHR-UNOG 8-14 Avenue de la Paix 1211 Genève 10 Suisse Fax: +41 22 917 9006 Courrier électronique: urgent-action@ohchr.org

Rapporteur Spécial sur les droits de l'homme des immigrés Mme Gabriela Rodríguez Pizarro OHCHR-UNOG 8-14 Avenue de la Paix 1211 Genève 10 Suisse Fax: +41 22 917 9006 Courrier électronique: urgent-action@ohchr.org

Rapporteur Spécial sur la liberté de religion Asma Jahangir OHCHR-UNOG 8-14 Avenue de la Paix 1211 Genève 10 Suisse Fax: +41 22 917 9006 Courrier électronique: urgent-action@ohchr.org