Le MFPF prend acte avec satisfaction de la prise en compte par les élus de l'ampleur et de la gravité du phénomène social des violences au sein du couple: depuis janvier, dans un seul département, quatre femmes ont été assassinées par leur conjoint !

Le MFPF regrette cependant que les sénateurs aient isolé la question des violences au sein du couple, des autres violences faites aux femmes, comme s'il s'agissait d'autant de problèmes sociaux distincts les uns des autres : violences dans le couple, viols, incestes, harcèlement, mariages forcés, prostitution.... Notre pratique de terrain, tout comme les études sociologiques, montrent que notre société est construite autour des rapports de domination du Masculin sur le Féminin et que ces rapports sociaux de sexes sont à l'origine de toutes les violences faites aux femmes.

Il est important qu'une loi soit votée : elle permet le débat, interpelle l'opinion publique, propose des arguments et place les limites que notre société oppose aux violences. Les débats qui ont eu lieu au Sénat montrent bien qu'isoler les violences les unes des autres aboutit à un éparpillement des différentes lois et des mesures prises ce qui les rend : - peu lisibles et nuit à l'éducation citoyenne - plus difficilement applicables et donc peu ou mal utilisées.

Cette loi devrait être une forme de reconnaissance de l'oppression et de l'exploitation des femmes et de leur lutte pour obtenir leurs droits fondamentaux : droit de vote, droit au travail, droit de maîtriser sa fécondité. Elle devrait permettre, par son approche globale, une meilleure information des citoyens, une prévention par l'éducation à la sexualité à l'école, une formation des professionnels de l'éducation, de la police, de la justice et de la santé. Elle devrait permettre une meilleure prise en charge des victimes, mais aussi des auteurs de violences.

Le MFPF demande qu'une loi cadre soit proposée au vote du Parlement reconnaissant ainsi que les violences faites aux femmes sont une atteinte aux droits humains fondamentaux de la personne humaine.

Paris, le 6 avril 2005 Mouvement Français pour le Planning Familial

Contact: Maïté Albagly : 01 48 07 29 10 / mfpf@planning-familial.org