Communiqué de l'Union des Familles Laïques

Un pape proche de l'extrême droite catholique

L'Union des Familles Laïques prend acte, en ce 1er avril, de la fin annoncée imminente de Karol Wojtyla, pape depuis vingt-six années. Membre numéraire de l'Opus Dei, il aura relayé les orientations les plus réactionnaires et les plus obscurantistes de cet ordre, créé en Espagne dans les années 1930. Sous son règne, l'Eglise a combattu avec acharnement tous les droits émancipateurs auquel l'Humain pouvait prétendre : droit à la contraception, droit à l'avortement, droit au divorce, droit à choisir sa sexualité, droit à se protéger du sida par le port du préservatif, droit à la liberté de conscience, droit de choisir sa mort, etc. Les femmes de Pologne, d'Irlande ou du Portugal sont encore, au sein de la communauté européenne, les premières victimes de ce discours réactionnaire entendant imposer à toutes les femmes les conceptions de l'extrême droite catholique et de l'Opus Dei.

Les millions de morts en Afrique, victimes du sida et du discours irresponsable de la hiérarchie catholique, témoignent eux aussi des dégâts engendrés par le discours du Vatican, sous Karol Wojtyla. Les interventions du Pape en faveur de Pinochet lors de son arrestation en Angleterre (1998), les béatification, bénédiction et canonisation de l'archevêque pronazi Stepinac en 1998, du collaborateur belge Léon Degrelle ou de Josémaria Escriva de Balaguer, fondateur de l'Opus Dei en 2002 s'accompagneront de l'éviction en France de Jacques Gaillot et de toute une frange porteuse d'une conception plus progressiste du rôle de l'Eglise dans le monde entier.

La laïcité, qui protège la sphère publique de l'influence religieuse, qui peut par contre s'exercer librement dans la sphère privée, a toujours été la bête noire de Karol Wojtyla.

Ceci explique son acharnement, jusqu'au bout, à la remettre en cause dans le projet de constitution européenne, où ses relais politiques au sein de l'Europe, appuyés par la Commission des Evêques de la communauté européenne (Comece) entendent nous proposer, par les articles I-52 et II-70, la remise des religions au centre de la vie politique, tournant le dos au modèle laïque français, qui n'en reconnaît aucune.

L'Ufal continuera donc, au-delà de cet épisode, à lutter sans relâche pour que le « non » au projet de traité institutionnel européen l'emporte, afin, que la laïcité protège la liberté de conscience des citoyens, dans toute l'Europe, de la conception cléricale du Vatican ou de toute autre religion. A l'heure où les thuriféraires de tous bords ont commencé à envahir les écrans de télévision et tous les médias, l'Ufal espère, notamment sur les chaînes publiques, que l'objectivité sera de mise et que les quelques vérités énoncées plus haut, et bien d'autres, pourront y être émises librement.

Fait à Paris, le 1er avril 2005, à 15 heures

Contact presse : Bernard TEPER 06 08 10 44 52