Depuis que Sarkozy a montré l'exemple, le Congrès du Bourget de l'UOIF est le lieu où viennent parader les soutiens aux fossoyeurs de l'islam laique et libéral. Cette année, on pouvait notamment y croiser le père Michel Lelong, vieux compagnon de route chrétien des islamistes.

Officiellement, Michel Lelong est chargé par le Vatican du dialogue-islamo-chrétien. Noble vocation oecuménique. Mais à y regarder de plus près, il s'agit surtout de souder les rangs des intégristes de ces deux religions sur le dos des laïques et des Juifs, l'une des obsessions du père Lelong, qui incarne à merveille la vieille tradition anti-judaïque de l'Église catholique. Il fait partie de ces hommes d'église ayant activement participé à la réconciliation entre le Vatican et les lefebvristes. Son livre La vérité rend libre, censé dire toute la vérité sur « le judaïsme, l'islam et nous » a d'ailleurs été salué par Français d'abord, la lettre de Jean-Marie le Pen, comme « un livre intéressant par son ton dépourvu de ressentiment (même à l'encontre du FN) »? Michel Lelong fut touché par la grace en 1940. Le jeune angevin n'a pas quinze ans lorsqu'il tombe en admiration devant un film retracant la vie du Père blanc Charles de Foucauld : L'Appel du Silence. C'est décidé, il veut devenir « prêtre pour vivre parmi les musulmans ». Ordonné à Carthage, il fait ses premières armes en Algérie, comme membre de la société des Pères Blancs. Une expérience qui en fera le candidat tout désigné au poste de secrétaire des relations avec l'islam, lorsque le Vatican met en place cette officine, dans les années 70. Depuis, pas un jour ne passe sans que le Père Lelong, aujourd'hui âgé de 80 ans, ne mette cette mission au service du combat anti-judaïque. En 1996, il écrit une lettre de soutien publique à Roger Garaudy, pour qui la Shoah serait un mythe inventé par les Juifs, destiné à justifier l'existence d'Israël. Lelong approuve : « J'affirme qu'il me paraît tout à fait injuste de l'accuser d'antisémitisme, et je demande qu'il participe au nécessaire débat sur les grandes questions spirituelles et internationales de notre temps. » Sans surprise, Michel Lelong trouve que la télévision du Hezbollah, Al Manar, comporte « des programme de valeur » et est un grand admirateur de Tariq Ramadan, qu'il défend envers et contre tous. C'est que le père Lelong est un fervent partisan du dialogue. En 1995, par exemple, dans les colones du Monde, il considère que les islamistes algériens sont des interlocuteurs dignes de confiance. Il salue comme « un signe de vitalité de la religion musulmane (?) l'existence de l'organisation de la Conférence Islamique », une coalition regroupant les pays islamiques les plus durs, qui s'oppose à la propagation du concept laïque des droits de l'homme et est toujours prête à s'allier avec le Vatican à l'oNU pour militer contre toute résolution en faveur de la planification familiale ou du droit des homosexuels. L'amour que le père Lelong porte aux Arabes a toutefois ses limites. Ainsi, le 17 octobre 1997, il ne participait pas aux commémorations du 17 octobre 1961, jour sinistre où un préfet de police parisien faisait « interpeller » plus de 10 000 manifestants algériens ? bilan : des centaines de morts et de disparus. Ce jour-là, il était trop occupé à témoigner en faveur de Maurice Papon, le préfet en question, déclarant à la barre : « L'Église a raison de pardonner, a le devoir d'appeler les Français à se pardonner et à se réconcilier »?

Fiammetta Venner