Soeur Christine cherchait un cadeau a offrir aux femmes pour les trente ans de la loi Veil. Elle a trouvé : qu'elles puissent avorter en se flagellant.

Christine Boutin, députée UDF des Yvelines, est revenue a ses premières amours. Elle vient de déposer à l'Assemblée nationale une proposition de loi constitutionnelle « tendant à favoriser l'aide aux femmes enceintes en difficulté ». L'exposé des motifs est sans ambiguïté : « Son objet est de considérer le drame personnel et collectif que constitue chaque interruption volontaire de grossesse. Elle exprime le souci d'adopter une approche nouvelle pour développer une réelle politique de prévention de l'IVG ». Le ton est donné. L'IVG n'est pas un droit, mais un « drame » - pour ne pas dire un crime - qu'il faut empêcher à tout prix : « En raison du nombre de personnes concernées par l'avortement et de ses conséquences psychologiques pour la femme qui le subit et son entourage, le politique est amené à prendre conscience de l'ampleur de cette pratique et à s'interroger sur l'efficacité des mesures en vigueur pour l'éviter »...

Plusieurs études scientifiques l'ont démontré, les conséquence psychologiques de l'avortement dépendent du dégré de culpabilité, lequel est directement lié à l'environnement des femmes. Une femme vivant dans un milieu catholique traditionaliste et qui se fait avorter supportera plus mal son IVG qu'une femme vivant dans un milieu sécularisé. Les provie l'ont bien compris. Il faut culpabiliser les femmes.

Ce que Christine Boutin s'applique à faire, en expliquant que « l'avortement demeure toujours un drame » et qu'il est « rarement un choix libre et volontaire ». En conséquence, elle propose la « création d'un Observatoire public sur la prévention de l'IVG [qui] permettrait de faire un bilan annuel sur l'évolution du nombre d'IVG, sur les raisons qui ont conduit les femmes à avorter, sur le suivi psychologique post-abortif, sur les conséquences psychologiques de l'avortement, d'évaluer les ressources publiques accordées aux associations et organismes d'aide aux femmes enceintes et de vérifier le contenu des publications faisant référence à l'IVG ». Autrement dit, une sorte de comité de saint-sages chargé de mettre un frein aux dérives des mécréants laïcs.

Afin de légitimer une fois pour toute la tâche des mercenaires de Dieu, soeur Christine propose en outre d'inscrire dans la loi un « fonds de prévention de l'interruption volontaire de grossesse destiné à subvenir aux besoins des associations et organismes agréés d'accompagnement des femmes enceintes en difficulté, pour mener leur grossesse à terme et pour les aider à la naissance de l'enfant ». Bref, de financer les provies sur fonds publics. Quant aux centres pratiquant l'IVG, en plus des commandos, ils verront débarquer des charlatans pseudo-psy : « À proximité de chaque établissement pratiquant des interruptions volontaires de grossesse, il est créé un service de consultations pour le suivi psychologique post-abortif. » Une question : les psy-confesseurs auront-t-ils droit au dépassement d'honoraires remboursés par la Sécu ?...

par Fiammetta Venner

(Article paru dans Charlie Hebdo du 26 janvier 2005.)