Manifester dans le calme n'est visiblement pas du gout des extrémistes sikhs. Samedi 18 décembre, 400 intégristes sikhs ont mis à sac le théatre rep de Birmingham. 3 policiers ont été blessés. 3 émeutiers ont été interpellés puis relachés.

La violence sikhe est connue. On se rappelle bien sur de l'assassinat d'Indira Ghandi le 31/10/84 et les milliers de morts (musulmans, hindous, sikhs non extrémistes) qui ont suivi. Les organisations sikhes incitant a la haine sont répérée. Il s'agit par exemple de All India Sikh Students Federation (A.I.S.S.F.) ou encore de la Shiromani Akali Dal (S.A.D. : Armée des Immortels), l'organisation Dashmesh (qui signifie "la dixième") a reçu le nom du dernier gourou des Sikhs, Gobind Singh qui, au XVIIIe siècle, transforma la communauté sikh en une classe de guerriers en justifiant l'usage de la force si nécessaire. Mais les assaillants du théatre ne faisait pas forcemment partie des ces organisations. La plupart venaient sur la demande du Council of Sikh Gurdwaras in Birmingham, une organisation communautaire qui avait, l'année dernière envoyé des représentants dans les manifestations francaises contre la laicité. Parmi leurs activités, il y a du soutien scolaire, des actions de charité, des spectacles de musique. Bref, des gens totalement respectables ! A un détail près, depuis quelques années, aucun contrepouvoir britanique ne signale aux sikhs qu'il y a des limites a ne pas dépasser. Résultat la protestation communautaire est devenue de plus en plus violente, passant de l'expression totalement respectable à un ton inquisiteur et violent. En 2001, une campagne anti-pakistanaise fut orchestrée par des intégristes sikhs en collaboration avec le British national parti (le parti raciste anglais). Plusieurs fausses alertes à la bombe furent organisées dans des mosquées londoniennes. Celle de Regent Park fut attaquée au cocktail molotov. Des personalités télévisées ont du plier aux exigences des sikh. Ainsi, Jamie Oliver un cuisinier très célébre en Grande Bretagne dut faire des excuses publiques pour avoir porté dans une de ces émissions un Tee Shirt qui avait offensé la communauté sikhe. Parmi les dernières revendications de la communauté sikh il y eu le refus de la loi sur les signes religieux en France, la justification des campagnes de haine contre les musulmans britaniques, l'adoption de la loi contre le blasphème, l'interdiction de la pièce Behrzit. Le problème n'est pas tant que certains groupes revendiquent des points délirants mais que le reste de la société les suivent. Après la mise a sac du th éatre de Birmingham les représentants des partis conservateur, travailliste et libéral-démocrate de Birmingham, ont salué l'annulation des représentations. La police a recommandé a l'auteur de la pièce, Gurpreet Kaur Bhatti, elle même sikhe de se cacher. Aucune protection policière ne lui a été accordée. Fiammetta Venner

Article paru dans Charlie hebdo du 29/12/2004