Qui sont ces juifs intégristes antisionistes que chérissent les islamistes ? Les Netourei Karta ont, dès le 19e siècle, refusé le sionisme parce que« athée et socialiste ». En 1924, leur chef écrit à la Société des Nations en la suppliant d'interdire la création d'un Etat Israëlien. Longtemps considérés comme exotiques, les Neturei sont surtout concentrés à New York ou à Méa Shéarim, un quartier de Jérusalem où aucune femme en pantalon ne peut entrer sans recevoir une salve de pierres. Malgré la chaleur, ils ont conservé la panoplie de l'Europe de l'est : énormes chapeaux en fourrure et bas de laine. Mais leur exotisme ne les empêche pas, bien au contraire, de se révèler fort précieux sur un plan stratégique. Surtout pour les islamistes, toujours ravis de sponsoriser l'envoi d'une délégation de Juifs demandant la fin de l'Etat d'Israël. Entre un concert d'EuroPalestine et une conférence au théâtre de la Main d'Or, la délégation des Netourei a amorti son voyage à Paris en faisant le pied de grue devant l'hôpital de Clamart où s'éteignait Yasser Arafat. Charlie en a profité pour poser quelques questions. Quand nous demandons au Rabbin Weiss, leur leader, ce qu'il reproche vraiment à l'Etat d'Israël, la solidarité avec les palestiniens disparaît immédiatement pour laisser la place à une violente diatribe contre les juifs non-intégristes, accusés de ne pas vouloir vivre dans une théocratie : « Israël ne reconnaît pas le Shabat. Beaucoup d'israéliens ne prient pas ce jour. Or si Israël était un véritable état juif, il y aurait des mesures de rétorsions contre ses apostats ». Deuxième problème, les femmes : « en Israël, quand une femme venue de notre communauté s'oppose à nos lois elle trouve refuge auprès des sionistes ». Autre motif invoqué : le massacre de juifs ultra-orthodoxes comis à Hébron par des Palestiniens arabes : « ce massacre est la faute des sionistes, s'ils n'étaient pas venus, nous n'aurions pas souffert ».