Juste un commentaire sur l'émission "100 minutes pour convaincre", diffusée hier soir sur France 2. Nicolas Sarkozy a reconnu qu'il avait été "naïf" sur la Corse... il aurait pu en dire autant à propos du Conseil français du culte musulman. Au lieu de cela, il nous a prouvé qu'il confondait toujours "intégration" avec "religion", "musulman avec arabe", comme lorsqu'il a lâché ce très joli "Étre musulman ça se voit sur la figure !". Après quoi, il pouvait toujours tenter d'extirper des excuses ou une parole claire à Tariq Ramadan, on restait sur notre faim. Ramadan a reconnu une maladresse à propos de sa tribune sur les intellectuels juifs mais il n'a pas présenté d'excuses. Remarquez c'est peut-être un vrai mea culpa quand on sait qu'il qualifie également de "maladresse" l'action du FIS en Algérie (sic) dans son livre "Etre musulman européen". Pour le reste, il considère qu'on ne peut s'opposer clairement à la lapidation pour adutère sous peine de froisser la communauté musulmane (drôle de caricature des musulmas européens). Il propose donc un moratoire. Il ne souhaite pas non plus encourager les jeunes filles à se dévoiler pour aller à l'école. Logique puisque, contrairement aux musulmans libéraux, il estime que le "voile est une obligation". En revanche, nous avons très bien compris qu'il entendait faire tout son possible que la loi de 1905 soit interprétée de façon à s'adapter à l'islam tel qu'il entend. C'est à dire un islam réformé sur certains points mais fondamentaliste et donc archaïque sur tout le reste. En effet, le réformisme salafiste (signifiant "retour aux fondements") souhaite faire table rase des 13 siècles de jurisprudence islamique permettant à l'islam de s'adapter à la modernité et aux besoins contemporains de ses fidèles au profit d'une lecture quasi littérale du Coran. De beaux abus de pouvoir en perspective..

Caroline Fourest,