Safiya Tungar-Tudu, Nigériane de trente ans, a été condamnée, le 9 octobre, à la peine de mort par lapidation : enterrée jusqu'au cou, elle sera tuée à coups de pierres. Son crime : avoir eu des relations sexuelles avec un homme auquel elle n'était pas mariée. Circonstance aggravante : elle est divorcée et, à ce titre, elle a été jugée coupable d'adultère. Les relations pré-conjugales, elles, sont passibles d'une centaine de coups de fouet... La sentence a été rendue par une cour islamique de Sokoto, l'un des Etats du Nigeria, pays à majorité musulmane, qui a adopté la charia depuis deux ans. Comme Safiya est tombée enceinte, la cour a décidé que l'exécution de la condamnation aurait lieu après la naissance et le sevrage de l'enfant. Le supposé géniteur, âgé d'une soixantaine d'années, a pour sa part été relaxé faute de preuves.

La jeune femme a déposé un recours. Des organisations internationales et nigérianes de défense des droits humains ont protesté. Le gouvernement central du pays a fait savoir qu'il était contre la peine de mort mais ne pouvait s'opposer à la décision du tribunal. Jeudi 22 novembre, Safiya a comparu devant la cour d'appel de Sokoto. Elle a déclaré avoir été victime d'un viol perpétré par l'homme présenté comme son amant par le tribunal de première instance. Son avocat a réclamé la levée de la condamnation. La partie adverse a rétorqué qu'il n'y avait aucune preuve. En attendant de se prononcer définitivement sur l'affaire, le président de la cour a ordonné la suspension de l'exécution.Une pétition circule actuelement, les signatures recueillies seront acheminées vers la présidence du Nigeria.

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