ProChoix et Act up ont déjà, à Toulouse, manifesté plusieurs fois leur indignation quant à ces critères d'exclusion si discriminants (voir article ProChoix n° 17) et c'est à force de harcèlement que l'EFS a enfin consenti à nous rencontrer. Malheureusement les conclusions de cette entrevue ne sont pas à la hauteur de nos exigences.

M. Charpy (responsable national de l'Etablissement français du sang) nous explique tout d'abord que le temps presse pendant les collectes et que l'entretien médical préalable au don du sang qui doit définir une aptitude ou non au don, ne peut pas excéder les dix minutes. Il est alors très difficile, nous dit-il, pour le médecin, d'aborder les questions liées aux comportements privés des donneurs potentiels, ce qui permettrait pourtant de faire une sélection sur la base de pratiques réellement à risque. Mais le principal souci de l'EFS est de ne pas faire patienter trop longtemps les donneurs. On préfère donc, par la note d'information sus-citée, inciter à l'auto-exclusion de certains individu-es, notamment les homosexuels, qui sont censés se reconnaître comme appartenant à une population stigmatisée comme intrinsèquement «à risque» !

A noter toutefois, M. Charpy est prêt à revenir sur les critères d'exclusion au don du sang, qu'il reconnaît être mal rédigés et stigmatisant. Il nous a promis qu'il allait refaire la note d'information préalable au don et qu'il la soumettrait aux associations gays et lesbiennes, et de lutte contre le sida. Il est donc absolument nécessaire que nous, associations et individu-es, réaffirmions d'ici là notre exigence auprès de tous les Établissements français du sang (www.efs.sante.fr) : la suppression immédiate des critères arbitraires basés sur la notion discriminatoire de «population à risque», qui implique une stigmatisation de nos choix sexuels.