Lettre type aux maires anti-PaCS :

La lettre type de ProChoix

Monsieur le Maire (ou madame la maire),

À l'approche des échéances municipales, notre association est sollicitée par de nombreuses et nombreux électrices et électeurs qui s'interrogent sur l'identité des signataires de la pétition "anti-CUS" (version précédente du PACS) qui a circulé en avril 1998.

Vous faites partie des maires à avoir soutenu cette pétition, dont le nom a été diffusé par le "Collectif des maires de France pour le mariage républicain" comme s'étant déclarés "soucieux de préserver la famille comme élément fondamental de toute société " et se sont opposés à "la mise en place d'un contrat de ce genre».

Le PACS a été voté le 13 octobre 1999 par l'Assemblée nationale. Actuellement, plus de 30 000 pactes civils de solidarité ont été conclus par des couples homosexuels ou hétérosexuels. Vous n'êtes pas sans savoir que, contrairement aux attentes des associations et des citoyens, et dénaturant l'esprit-même du projet de loi, le PACS n'est pas enregistré en mairie (en présence d'un officier d'État civil) mais dans les tribunaux d'instance du fait de cette pétition.

Après le déchaînement de passions, le déferlement d'injures dont nous avons été les victimes et après le vote de la loi, nous aimerions connaître, monsieur le maire, la position que vous observez vis-à-vis de cette législation et du comportement homophobe et lesbophobe de certains et certaines élu-e-s.

Nous serions également soucieuses et soucieux de savoir si votre point de vue sur ce sujet a évolué et si vous signeriez aujourd'hui, à nouveau, cette pétition. Dans le cas contraire, que comptez-vous entreprendre pour les tous les citoyens de ce pays soient égaux en droit.

Votre position ne manquera pas d'intéresser les électrices et électeurs qui nous demandent en nombre la position de leur candidat à la mairie. Nous mettrons bien entendu votre réponse sur internet. Durant la période estivale, elle permettra aux touristes de se faire une opinion sur l'esprit de la commune, dont vous êtes l'élu, qu'elles et ils souhaitent visiter et donc de choisir ou non de s'y rendre. En effet de nombreux lecteurs français et étrangers nous ont fait part de leur inquiétude à se rendre dans une commune ou le maire avait signé une telle pétition.

Nous vous remercions par avance, Monsieur le maire, de nous faire part de vos positions que nous rendrons publiques, de même que nous rendrons public le présent courrier.

Veuillez agréer, Monsieur le maire, l'expression de mes respectueuses salutations.

Pour Prochoix, Fiammetta Venner (présidente).

Les insultes homophobes :

Le tractage de lettres informant les administrés des positions homophobes de leur maires, dans le cadre de la campagne contre les maires anti-PaCS, a donné lieu à quelques courriers homophobes. Très rares, ils valent néanmoins le coup d'oeil...

Lettre anonyme postée à Angers le 14/09/00

"Vous n'avez pas honte, où est la vraie morale (...) Espérons que l'Esprit Saint vous éclaire afin de vivre normalement : couple femme et homme et ainsi les jeunes seront bien éduqués"

Lettre anonyme postée à Guerande le 17/07/00

"Bravo monsieur le maire et allez vous faire foutre !"

Ceux qui confirment :

Joseph Boiteau, maire de La REGRIPPIERE (44330) (à l'intention de ProChoix -Paris)

"J'ai bien reçu votre courrier (...) Je vous livre ma position; ce nouveau contrat voté par le parlement se doit d'être appliqué aussi à ce tître je suis tout à fait disposé à faire bénéficier les personnes inteéressées des dispositions de la loi tout en restant persuadé que le pacte civil de solidarité dans mon esprit et ses conséquencers est inapproprié. Avec le plus plus grand respect des personnes et des causes que vous servez, je vous prie de corire à l'expression de mes salutations les meilleures"

Date : le 22 février 2001

Louis Renaud, maire de Saint-Pierre-Du-Chemin (à l'intention de ProChoix -Paris)

"Par lettre du 18 janvier 2001, vous applez mon attention sur la gravité d'avoir souscrit à la pétition contre le projet de loi ayant abouti, depuis, au PaCS. Ce faisant, je ne porte pas un jugement sur les personnes pratiquant tel ou tel type d'union "hétéro" ou "homo". Chaque citoyen est libre de mener sa vie comme bon lui semble. Qu'il y ait un état de fait concernant une partie de la population est une chose. Que ce soit érigé en loi est autre chose. Car, nous pouvons cependant constater certaines incohérences : en effet, que la demande d'adoption par un couple "homo", par exemple puisse faire l'objet d'un projet de loi me semble une dérive. Qu'il y ait procréation dans un couple "homo" femmes me semble une autre dérive. Ceci ne va pas que je sache, dans le sens d'un respect de la nature qui, elle ignore ces loi ! Je le dis 'sans déchaînement de passion, ni déferlement d'injures", car cela n'est pas digne d'une démocratie. La démocratie, c'est la tolérance : qu'on me laisse droit à mes idées (...)."

Date : le 21 février 2001

Gérard Jouve, maire des BEAUX DE PROVENCE (à l'intention des Grues-Libérées-ProChoix Marseille)

"Je réponds bien volontiers à ce courrier, compte-tenu du caractère courtois et républicain de ce dernier (...) J'ai effectivement fait partie des signataires d'un refus du PaCS. Ce denier a été adopté par l'Assemblée nationale et, à ce titre, respectueux des lois de mon pays, je pense qu'il ne doit plus faire l'objet de polémique (...) Je renouvelle ma réprobation à voir utiliser de pseudo-sentiments homophobes ou lesbophobes à des fins touristico-partisanes. Je suis heureusement rassuré par de vrais amis homosexuels qui, eux, n'ont jamais pratiqué de ségrégation."

Date : le 24 mai 2000

Gilbert Cezard, maire des LIRONVILLE (à l'intention de ProChoix-Paris)

"J'ai signé la pétition citée, je l'ai fait à tître personnel et pas au nom d'une commune pestiférée selon vous. Aujourd'hui, ma réponse serait la même, en France nous avons encore la liberté d'opinion. Je ne suis pas homophobe lesbophobe comme vous le soutenez ; je suis pour la liberté d'opinion et de comportement si elle n'empiète pas sur celle des autres...."

Date : le 03/02/2001

Marcel Pauvert, maire des BARBECHAT (à l'intention du Centre Lesbien et Gai de Nantes)

"Je ne saurais pas être 'intimidé' par vos menaces de divulguer ma position (...) Je tiens à souligner que le respect que je dois aux personnes qui vivent selon leurs préférences sexuelles doit avoir pour contre-partie le même respect au regard de mes opinions personnelles."

Date : le 21 juin 2000

Victor Mellan, maire des PENNES MIRABEAU (à l'intention des Grues-Libérées-ProChoix Marseille)

"Effectivement je fais partie des Maires ayant soutenu la pétition dont vous faites état (...) Mais depuis, le PaCs ayant été voté, je m'incline devant la Loi et je n'ai aucun commentaire particulier à apporter."

Date : le 24 juillet 2000

Gisèle Gautier, maire de CARQUEFOU (à l'intention du Centre Lesbien et Gai de Nantes)

"Je tiens à vous indiquer que la législation pré-citée a été votée par le Parlement et de ce fait s'applique sur l'ensemnle du territoire (...) Bien entendu Carquefou applique scupuleusement la loi, notamment celle relative à l'Etat Civil. C'est ainsi que les services compétents de la mairie légalise la signature des conjoints."

Date : le 27 juin 2000

Ceux qui nient :

Pierre Lellouche, candidat à la maire du IXème

Ah, Pierre Lellouche ! Qui aurait pu croire en le voyant s'agiter contre le PaCS jusqu'à plus soif au sein de l'hémicycle que ce fringuant député irait la mine basse crier partout au complot, nier avoir jamais signé cette abominable pétition ! C'est pourtant bien ce qu'il fait lors de meetings dans le neuvième arrondissement. Frappé d'une récente amnésie, il a même menacé des quotidiens qui avaient eu le malheur de rappeler récemment son engagement. Pourtant, c'est bien monsieur Lellouche dont le nom apparaît comme signataire de la pétition anti-CUS dans le Monde du 18 avril 1998. C'est encore lui qui apparaît sur la liste des signataires fournie par le ‘Collectif des maires pour le Mariage républicain' en personne. Et je ne vous parle pas du fax qu'il a envoyé à tous les députés RPR pour qu'ils participent à la manifestation des anti-PaCS, ni du fait qu'il ait signé la pétition Muselier, ni du fait qu'il se soit un peu lâché lors d'une séance parlementaire sur le PaCS : "alors, stérilisez-les". Mais là aussi, Lellouche nie. Il a demandé à faire rectifier le Journal officiel qui, comme nous, avait noté cette envolée lyrique... un an après les faits !

René Leroux, maire de GUERANDE (à l'intention du Centre Lesbien et Gay de Nantes)

"Je considère comme mensonger et diffamatoire le tract distribué sur la commune de la Turballe au nom du Centre lesbien et Gay de Nantes qui accuse le maire que je suis de s'être opposé au Pacte civil de solidarité (...) En ma qualité de député, j'ai voté POUR l'adoption de la proposition de loi relative au PaCS"

Date : le 4 février 2000

Précision de ProChoix : Si, effectivement, René Leroux (député PS) a voté pour le PaCS (comme tout son groupe), il ne nie pas avoir signé la pétition des maires contre la signature du CUS en mairie...

Jean-Louis Cazaubon, maire de POUEYFERRE (interviewé par la Dépêche du Midi)

"Je ne me rappelle plus avoir signé (...) Je n'en ai aucun souvenir (...) le texte ne m'a pas marqué outre mesure. Si vous dites que je l'ai signé..."

Date : le 13 février 2000

Précision de ProChoix : le maire de Poueyferré, monsieur Cazaubon, a bien signé.

Roland Condomines, maire de MONTCLAR (interviewé par la Dépêche du Midi)

"J'ai signé ça moi ? Voyez, je ne m'en souviens même plus. Si vous le dites, c'est certainement vrai. En fait, j'ai dû parapher ce document, comme pour me débarrasser d'un prospectus..."

Date : le 13 février 2000

Ceux qui persistent et signent :

Joseph Robineau, maire de MENOMBLET (85700) (à l'intention de ProChoix-Paris)

"Estimez-vous heureuz de pouvoir manifester votre liberté de choix. Mais, grand-Dieu, respectez celle des autres."

Date : le 3/02/2001

Françoise Giresse-Mounier, maire de CAZALIS (33113) (à l'intention de ProChoix-Paris)

"Ma position est inchangée. Ma peur ne fait qu'augmenter devant la dérive et l'exploitation faite par les medias afin de "promouvoir"atutudes déviantes (homosexuelles etc...) qui rongent "la santé morale" de nos enfants."

Date : le 3/02/2001

André Rondeau, maire de BEZALLES (à l'intention de ProChoix-Paris)

"Monsieur (alors que la lettre était signée par la présidentE de ProChoix, NDLR), malgré votre chantage de publier ma lettre, je vous confirme mon opposition à la Pax (sic !, NDLR). les PD sont les principaux infecteur du sida de la destruction de la famille et de la société. les animaux ont des moeurs plus honnêtes, vos methodes confirment ce que je pense de vous."

Date : le 9/02/2001

Louis Jaunet, maire d'ANTIGNY (à l'intention de ProChoix-Paris)

"Ma position n'a pas changé et je pense toujours que la famille "père, mère, enfants" est toujours lélément fondamentale d'une société. Bien entendu, je signerais à nouveau cette pétition s'il le fallait."

Date : le 9/02/2001

René Demariez, maire de CHEVALINE (à l'intention de ProChoix-Paris)

"Je signerais à nouveau cette pétition !"

Date : le 9/02/2001

Robert Martin, maire de FROSSAY (à l'intention du Centre Lesbien et Gay de Nantes)

"Oui, j'ai signé (des deux mains) la pétition contre le PaCS (...) Faut-il que notre société soit tombée bien bas pour imaginer de faire légaliser des actes contre-nature (...) Tant que je serais maire à Frossay, il n'y aura jamais de régistre ouvert en mairie pour enregistrer une telle abomination (...) Je ne vous condamne pas, je vous plains"

Date : le 4 février 2000

Jacques Bompard, maire d'ORANGE (à l'intention des Grues-Libérées-ProChoix Marseille)

"Toute idée de 'couple', de 'mariage', de 'famille' homosexuel n'est que singerie de la famille normée (...) Je ne vous veux aucun mal. Je vous plains simplement. Cependant, les tourments de votre âme n'excusent en rien le mal que vous faites à notre société et à notre nation"

Date : le 17 juillet 2000

I. Le Guales de Mezaubran, maire de JOUE-SUR-ERDRE (à l'intention du Centre Lesbien et Gay de Nantes)

"Ma position n'a pas changé (...) Je ne nie pas l'existence de personnes de même sexe qui ont décidés de vivre ensemble (de nombreux cas relevant de cas pathologiques) et je respecte leur décision. Cependant je regrette le battage médiatique fait autour de leur situation (...) Cette loi perverse émerge la négation du lien familial (...) pourquoi s'étonner de la délinquance, de la violence d'une jeunesse sans repères et sans foyer familial."

Date : le 18 février 2000

J.L Olivier, maire d'ORGON (à l'intention des Grues-Libérées-ProChoix Marseille)

"Mon sentiment sur ce sujet n'a pas évolué (...) qu'adviendra-t-il de notre société si le fait de banaliser les couples homosexuels les faisait se multiplier pour, pourquoi pas, un jour, être aussi nombreux que les couples "normaux"."

Date : le 29 janvier 2001

Pierre Pene, maire de CARRY-LE-ROUET (à l'intention des Grues-Libérées-ProChoix Marseille)

"J'ai toujours respecté les lois de la République (...) je considère que certains comportements ou atitudes de la part d'homosexuels ou hétérosexuels ne sont pas souhaitables au niveau des espaces publics d'une commune."

Date : le 22 mai 2000

Monsieur PESQUET, maire de COURCELLES en BASSEES (à l'intention de ProChoix-Paris)

"Je maintiens ma position."

Date : le 3 février 2001

Précision de ProChoix-Paris : Tellement pressé de nous faire savoir sa position, monsieur le maire nous l'a faxé en cinq exemplaires, tout le week-end !

Les repentis :

Claude Cayala, maire de BELCASTEL (interviewé par La Dépêche du Midi)

"Je me souviens avoir reçu de très nombreux coups de téléphone des organisateurs de la pétition. Devant tant d'insistance, j'ai finalement cédé, davantage par lassitude que par opinion. Et puis, il faut bien reconnaître que le PaCs avait habilement été résumé à une mesure en faveur des homosexuels.. Si j'étais consulté aujourd'hui, je ne voterai pas (...) Franchement, je regrette de m'être associé à ce mouvement, alors que je ne connaissais pas vraiment le texte de loi. J'ai le sentiment d'avoir été manipulé (..) le PaCS est une bonne mesure."

Date : le 13/02/2001